Trièves en Transition


Les spécificités du concept de transition

 

Dans le cadre de la préparation de notre première réunion publique, le
5 avril prochain, nous nous sommes demandés, au sein de notre groupe
de pilotage, ce qui fait la spécificité des initiatives de transition
par rapport à d’autres démarches comme la décroissance, la simplicité
volontaire, les Agendas21 et autres démarches de développement
durable. Une question à laquelle nous devrions être confrontés souvent
à l’avenir.

Après avoir passé en revue les différents éléments qui constituent
une initiative de transition (philosophie, pédagogie, démarche), nous
avons dégagé des éléments distinguent très clairement le concept de
transition et ne se retrouvent nulle part ailleurs :
. Il s’agit de réagir à l’urgence d’une menace touchant tout le monde, l’écolo ou le décroissant comme le dingue de conso et de 4×4, par la prise de conscience que les problèmes énergétiques sont pour les années qui viennent et non dans 30 ou 50 ans. Ce n’est pas une transition technologique douce, étalée sur 50 ans, qui nous attend, mais un choc brutal.

. La notion de résilience est au cœur de la démarche, alors qu’elle
est habituellement absente des autres démarches (au moins au niveau
conscient, même si certaines autres démarches – comme la décroissance – conduisent de facto à améliorer la résilience locale). Elle est liée à la nécessité de résister à un choc brutal, potentiellement désorganisateur pour nos sociétés.

. Sa dimension fédératrice s’adressant à toutes les couches et tous les acteurs de la société, tous les secteurs d’activité, dans un esprit de synergie. Il s’agit de susciter une vision commune, non de prendre la place des autres ni de refaire ce qu’ils font.

. Sa dimension psychologique : la prise en compte des éléments de psychologie qui nous font accepter ou rejeter la perspective du changement, qui nous font passer à l’action ou nous en empêchent. Les initiatives sont aussi un lieu où on s’encourage mutuellement pour avancer.

. L’idée de requalification ; si la relocalisation est bien comprise des mouvements de décroissance ou de développement durable, la requalification dérive du fait que c’est toute l’organisation de la société et de l’économie, et in fine de nos métiers, qui sera affectée.


Mens en 2020 : et l’énergie ?

Lundi 9 mars, première intervention publique de Trièves Après-Pétrole dans le cadre de la commission extramunicipale « Aménagement durable du territoire ».

En présence de Madame le Maire, de ses quatre adjoints et deux autres conseillers, ainsi que des quelques citoyens présents, la réunion avait pour but de commencer à préparer une exposition « Mens en 2020″, destinée à lancer la concertation publique préalable à la révision du Plan d’Occupation des Sols en Plan Local d’Urbanisme.

C’a été pour nous l’occasion d’évoquer brièvement la situation énergétique et les bouleversements qui nous attendent d’ici 2020. Il n’a pas été possible de développer le pic pétrolier (et ce n’était pas notre intention), uniquement d’introduire l’idée que les données sur lesquelles la commission va fonder son travail ne peuvent pas être les données du présent.

Le bref exposé a recueilli un écoute attentive de la part de conseillers déjà conscients que des changements se préparent. Une présentation plus complète du sujet sera proposée au Conseil municipal au cours du printemps.


Le Trièves en 2025

 

Imaginons…

Rappelez-vous : après la période de désorganisation et d’incrédulité qui a suivi la crise de 2009 et le choc pétrolier de 2013, nous avons pris notre destin en main. nous avons appris à nous serrer les coudes. À partager. La politique volontariste de la Communauté de Communes du Trièves, les initiatives d’entrepreneurs audacieux, la volonté des habitants et l’activité des associations ont permis de réussir la transition vers une économie moins gourmande en énergie, plus relocalisée, et vers une vie plus riche. Grâce au Régio, notre monnaie régionale qui circule en complément de l’euro, les compétences et les ressources locales ont pu être mobilisées efficacement et la situation redressée. Nous pouvons nous féliciter d’avoir su anticiper le choc pétrolier et ses conséquences pour mieux rebondir, comme en s’en convaincra à la lecture du bref bilan qui suit :

L’agriculture est revivifiée : de nouvelles exploitations, plus petites et plus nombreuses, employant une main d’œuvre nombreuse, fournissent le plus gros de notre alimentation, ainsi que du chanvre textile et pour la construction. La SAU (surface agricole utile) a augmenté, mettant fin au processus d’enfrichement des terres agricoles. La viande du Trièves est très appréciée des restaurateurs de Sisteron à Lyon, à la grande satisfaction de nos éleveurs. Enfin, les très nombreux jardins individuels et collectifs contribuent de manière non négligeable à notre alimentation.

La forêt a retrouvé son dynamisme économique : c’est aujourd’hui notre principale source d’énergie de chauffage et de bois de construction, surtout depuis que les chaufferies bois se sont multipliée dans nos communes. Les scieries de Tréminis, Saint-Baudille, Chichilianne et Gresse tournent à plein régime, tandis que le nombre d’entreprises de bûcheronnage a augmenté de 150 % dans les 5 dernières années.

Les lignes de car et la ligne SNCF n’ont jamais autant transporté de voyageurs, et nos élus ont eu le plaisir d’inaugurer ces dernières années les gares restaurées de Saint-Maurice et de Saint-Martin-de-la-Cluse. Les lignes de car Tréminis-Saint-Maurice, Corps-Mens-Clelles et Gresse-Monestier affichent complet.

Chaque commune ou presque peut s’enorgueillir d’avoir retrouvé une épicerie, une école, et une annexe postale. Les panneaux solaires sont devenus si courants qu’ils n’étonnent plus personne, le compostage généralisé permet de réutiliser une ressource précieuse, et le Centre de formation aux constructions nouvelles de Monestier-de-Clermont est cité en exemple dans toute la région. Mais surtout, ce sont nos relations sociales et humaines qui ont le plus bénéficié de ces changements. Plus de temps pour les autres, plus d’activités et de travaux en commun, de mutualisation de moyens techniques et de temps passé ensemble : notre Trièves bourdonne d’une joie de vivre retrouvée.

Retour au présent

Cette histoire vous a plu ? C’est peut-être la nôtre, celle des quinze prochaines années. La crise économique actuelle est, dit-on, la plus grave depuis 1929 et elle retient à juste titre notre attention. Elle a entre autres fait chuter le prix du pétrole de manière spectaculaire, à la grande joie de nos porte-monnaie. Mais cela n’a pas fait augmenter les réserves mondiales d’une seule goutte et le problème énergétique qui nous préoccupait à l’été 2008 est toujours là. Aussi nous nous posons quelques questions que nous voudrions partager avec vous :

- On dit qu’il reste pour 40 ans de pétrole ? Avez-vous une idée de ce que cela signifie ? Le pétrole va-t-il soudain manquer le 1er jour de la 41ème année ?
- Et si les Chinois et les Indiens (4 humains sur 10) continuent de consommer toujours plus de pétrole, pour combien de temps en reste-t-il réellement ?
- À votre avis, qu’est-ce qui autour de vous a besoin de pétrole pour fonctionner ? Quelles activités économiques en dépendent ?
- Pouvez-vous dire ce qui est fabriqué avec du pétrole autour de vous ?
- Savez-vous combien de litres de pétrole sont nécessaires pour produire 1 kilo de bœuf, 1 quintal de blé, un ordinateur, une voiture, un jean ?
- Savez-vous quelle part de notre alimentation vient de l’extérieur par camion ?
- S’il n’y avait plus de pétrole, qu’est-ce que vous pourriez encore faire ? Qu’est-ce que vous ne pourriez plus faire ?
- Quels sont à votre avis les atouts du Trièves dans une économie avec moins de pétrole ?
- S’il y avait assez de pétrole, de gaz naturel et de charbon pour des siècles, faudrait-il tout utiliser ?

Vous aussi vous vous posez toutes ces questions ? Contactez-nous à l’aide du formulaire en bas de page.

Question mystère : En quelle année a-t-on découvert le plus de pétrole dans le monde ? 1950 – 1965 – 1987 – 2002 ? N’hésitez pas à parcourir le blog pour découvrir la réponse.

 

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« En panne sèche », roman réaliste sur le déclin pétrolier

Vous aimez la fiction et le suspense ? Vous aimeriez imaginer notre futur après le pic de pétrole ?

Lisez absolument « En panne sèche » d’Andreas Eschbach, aux éditions L’Atalante (735 pages).

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Résumé
Markus est un jeune allemand ambitieux qui part faire fortune aux États-Unis. Là, il rencontre un Autrichien qui possède le secret pour produire du pétrole à volonté, sur la base de la théorie de l’origine abiotique du pétrole(*). La découverte excite les convoitises et les services secrets, jusqu’à ce que l’ami autrichien disparaisse mystérieusement au cours d’une mission en Arabie Saoudite.

Tandis que Markus est recherché par la police américaine, un attentat contre le principal terminal pétrolier saoudien (4 % des approvisionnements mondiaux) précipite le monde dans une crise pétrolière. En réalité, cet attentat masque une réalité plus grave : le déclin rapide du plus grand gisement de pétrole du monde… L’après-pétrole commence, que l’on vit aux États-Unis via les aventures de Markus et en Allemagne à travers la vie quotidienne de sa famille.

Un roman passionnant, très réaliste et très bien documenté. L’auteur utilise habilement les péripéties pour nous exposer sans ennui le problème du pic, la dépendance de nos sociétés au pétrole, l’absence d’alternative aux carburants fossiles, les risques géopolitiques, mais aussi les divers scénarios de transition : une communauté survivaliste aux États-Unis, une transition écologique en Europe, la disparition de l’industrie automobile, de la haute technologie et d’internet pour cause de crise économique et d’approvisionnement énergétique insuffisant.

Un scénario parmi d’autres possibles, mais tout à fait crédible. Une excellente lecture.

 


Soirée économie et pic du 27 février

Ce vendredi soir, huit personnes seulement avaient fait le déplacement pour entendre François Bartsch nous expliquer l’origine de la crise financière et les mécanisme du crédit qui ont précipité l’effondrement du système financier mondial, ainsi que les raisons des violentes fluctuations du prix du baril depuis un an.
Puis il nous a exposé l’aggravation de la situation pétrolière à cause de la crise : l’annulation des trois-quarts des projets pétroliers et énergétiques en raison du prix du baril trop bas et du manque de crédit : le plafond de production réel devrait diminuer (les plafonds calculés jusque-là tenaient compte des ces investissements nouveaux) parallèlement à la demande, et donc la baisse de la demande consécutive à la crise ne devrait pas retarder significativement le début du déclin. En revanche, plus le plafond est bas, moins la reprise économique a des chances de durer, voire de se produire.

Nous avons ensuite débattu de la nécessité d’insister sur la crise économique dans nos présentations sur le pic. François nous a fourni de bonnes pistes :

les crises économique, énergétique et écologique vont se succéder dans le temps par ordre croissant de gravité, ce qui signifie que chaque crise nous rend aveugles à la suivante.


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