Trièves en Transition


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Des exemples d’actions à mettre en place

Le concept de transition propose une démarche et des outils pour rassembler les gens et pour avancer ensemble vers un but. Mais, concrètement, quelles actions peuvent être entreprise pour faciliter la transition ? Nous nous concentrerons ici sur les actions collectives.

Une chose est certaine : rien ne réussira sans l’implication active des acteurs économiques (agriculteurs et entreprises, voir plus bas) et, bien sûr, des collectivités locales et des services de l’état (voir plus bas) et des agences bancaires.

Créer une monnaie locale

Les actions individuelles sont importantes, mais aucune transition ne peut réussir si le secteur économique n’est pas impliqué. Une réponse économique est indispensable à la résilience, qui ne peut reposer que sur du jardinage individuel, par exemple.

Selon Bernard Lietaer, professeur financier et un des concepteurs de l’euro, les monnaies locales offrent un outil puissant de préservation de la richesse locale, notamment en la mettant relativement à l’abri des soubresauts de l’économie et de la finance mondiales, et en encourageant les échanges entre acteurs économiques locaux. Elles vont plus loin que les systèmes d’échanges locaux (SEL), qui ne touchent pas le secteur économique. Elles ne se substituent pas à la monnaie officielle, qui reste indispensable, mais elles la complètent.

De plus, elles permettent de mobiliser plus facilement des compétences qui intéressent peut l’économie dominante. En premier lieu, elles peuvent déjà apporter une réponse locale à la crise économique actuelle.

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La livre de Totnes, lancée par le premier groupe de transition au monde à Totnes, dans le sud-ouest de l’Angleterre
Les monnaies locales cohabitent avec la monnaie légale, qu’elles complètent mais ne remplacent pas. 64 systèmes de monnaie locale ont déjà vu le jour ou sont en projet en Allemagne, deux en Angleterre.

En Suisse, le système du WIR existe depuis 1934 et il représente pour 1700 millions d’euros d’échanges pour l’année 2007. 20 à 30 % des petites et moyennes entreprises du pays l’utilisent et l’on a constaté que son emploi augmente en période de ralentissement économique, permettant à ces entreprises de mieux supporter la conjoncture défavorable.

Aux États-Unis, les Berkshares circulent depuis 2006 dans le Vermont, un état proche de Boston : plus de 1 millions de billets sont en circulation. Tous ces projets ont le soutien des autorités et des banques locales, et bien sûr des entreprises et des commerces participants.

En Rhône-Alpes, un système assimilé à une monnaie régionale est officiellement expérimenté à Grenoble, Lyon et dans le val de Drôme, ainsi que dans d’autres régions françaises : le SOL (pour solidaire). Il n’existe pas de billets.
Multiplier et amplifier les circuits courts

Un circuit court est un circuit de vente qui fonctionne avec le moins d’intermédiaires possibles, sur une base régionale ou locale. Un circuit court peut relier des individus (producteurs et consommateurs), des entreprises et des commerces, des collectivités et des entreprises, etc. Lorsque l’ensemble d’une filière fonctionne en partie ou totalement ainsi, on parle de filière courtes.

Leur intérêt est de relier entre eux les acteurs économiques locaux et de conserver une partie de la richesse et des emplois du territoire à l’intérieur de celui-ci, de valoriser ses ressources et son potentiel humain.
exemples de circuits ou filières courtes :

Les AMAP, réunissant un producteur agricole et des consommateurs abonnés. En Trièves, le Biau Panier fonctionne avec plusieurs produteurs bios. Le groupement Céréales du Trièves écoule une partie de sa production localement.

La filière bois a un fort potentiel de fournir énergie et bois d’œuvre à proximité. La forêt française est actuellement sous-utilisée en raison de la concurrence des bois scandinaves, sibériens et canadiens, plus faciles à exploiter. Le fort développement du chauffage au bois ces dernières années et l’occasion de relancer des filières courtes.

De telles initiatives, encore modestes, sont à amplifier.

Se déplacer autrement

Partager une voiture à plusieurs familles ou en association : c’est l’autopartage.

Circuler à plusieurs dans une même voiture sur unmême trajet : c’est le covoiturage (voir le site Triév’oies).

Utiliser et améliorer les transports en commun (plus difficile à la campagne).

Développer les parkings à vélo (villes ou gros bourgs).

Regrouper ses déplacements, éviter les déplacements inutiles.

Recycler et échanger

Le déchet de l’un est la matière première de l’autre. Le recyclage s’est beaucoup développé ces dernières années, mais il est encore lié à de transports à longue distance. L’idéal est de recycler ou de réutiliser sur place ou à proximité, y compris certains matériaux de construction (plus facile avec les matériaux écologiques). Une centrale d’échange, où les particuliers déposent leurs objets et que d’autres peuvent récupérer, est une excellente alternative à la mise en décharge ou au transport lointain pour recyclage. Une telle centrale fait partie des projets de Trièves Après-Pétrole.

Développer le compostage, comme le fait Trièves Compostage, sera essentiel pour contrebalancer le renchérissement et la moindre disponibilité des engrais et des pesticides. La préservation de la production alimentaire est un des enjeux majeurs de la transition. Former les particulier au compostage de jardin, développer les composts collectifs, encourager l’utilisation du compost par les agriculteurs.
Produire l’énergie

Moins dépendre du pétrole, mais aussi de réseaux électriques à longue distance qui sont fragiles et représentent une forte déperdition d’énergie, c’est aussi un moyen de valoriser les ressources locales et de créer des emplois sur place :

  • bois de chauffage ;
  • énergie de la biomasse, dont agrocarburants (pour les machines agricoles uniquement) et méthanisation ;
  • solaire passif, solaire photovoltaïque et éolien selon possibilités.

Pour les agriculteurs

  • Diversifier la production ;
  • Privilégier les circuits courts ;
  • Protéger sa trésorerie et se désendetter ;
  • Diviser les exploitations et favoriser l’installation de jeunes et de nouveaux venus ;
  • Diminuer les intrants ;
  • Choisir des cultivars appropriés au climat et plus résistants aux maladies, même si le rendement est inférieur.

Pour les entreprises

  • Réorganiser ses approvisionnements et ses stocks ;
  • Surveiller ses consommations énergétiques, remplacer les systèmes énergétiques ;
  • Rationaliser ses déplacements
  • Trouver des fournisseurs et des marchés plus proches ;
    Privilégier les circuits courts ;
    Revoir sa production en fonction des besoins locaux (ou un peu plus larges) ;
  • Protéger sa trésorerie, se désendetter ;
  • Participer activement au système de monnaie locale ;
  • Echanger et recycler ensemble (le déchet de l’un est le matériau de l’autre), se regrouper.

(Merci aux entrepreneurs et exploitants agricoles qui pourront nous aider à compléter la liste).

Pour les collectivités et services de l’état

  • Soutenir les initiatives des habitants et des acteurs économiques ;
  • Se préparer à gérer l’urgence ;
  • Œuvrer au renforcement des transports en commun.

 


Comment Cuba a surmonté le manque de pétrole

Cela surprendra sûrement, mais un pays a déjà subi un pic pétrolier : Cuba. Comme nous le savons tous, Cuba est une dictature et le niveau de vie n’y est pas fameux. Ce que les médias oublient de rappeler, c’est que Cuba est soumis à un embargo américain très rigoureux.

Jusqu’en 1991, Cuba survivait grâce à l’aide de l’Union soviétique, qui lui fournissait pétrole, gaz, machines, engrais et produits alimentaires. Mais quand l’URSS s’est effondrée fin 1991, Cuba s’est trouvé privé de 70 % de son pétrole, un choc pétrolier extrêmement violent. En raison de l’embargo, le pays s’est trouvé dans l’impossibilité de se tourner vers d’autres fournisseurs. Les centrales électriques fonctionnant au fioul ou au gaz n’ont pu assurer l’approvisionnement, l’agriculture intensive (la plus performante d’Amérique Latine à l’époque) s’est trouvée privée des moyens de produire et les transports on été paralysés.

L’économie et la société cubaines ont failli y rester (le PIB s’est effondré de 44 % en 2 ans) et le pays a échappé de peu à la famine : dans la période de transition de 5 années qui s’est ouverte, la « Période Spéciale » les Cubains ont perdu 10 à 15 kg en moyenne. L’agriculture s’est reconvertie d’urgence au bio, la main d’œuvre agricole ayant été multipliée par 10, les citadins se sont mis à cultiver tous les espaces disponibles, le pays a acheté 1 million de vélos à la Chine et les transports en commun se sont multipliés (devant l’impossibilité d’importer des bus, ce sont des camions inutilisés qui ont été convertis).

Aujourd’hui, Cuba est toujours une dictature et les standards de vie ne sont clairement pas les nôtres, il y a de la misère et des injustices. Mais Cuba a évité le pire, la pays est devenu autosuffisant pour son approvisionnement alimentaire (ce qui n’était pas le cas du temps de l’aide soviétique), la ville de la Havane d’autant d’habitants de Paris) produisant 80 % de son alimentation sur son territoire. Les systèmes éducatifs et de santé ont pu être préservés et décentralisés. Le contexte cubain n’est clairement pas le nôtre, mais ilmontre qu’il est possible de surmonter un déclin pétrolier brutal. Il y a certainement beaucoup à apprendre. Et de l’espoir.

Pour en savoir plus, jetez un coup d’œil sur ce passionnant documentaire réalisé par une association australienne de permaculture qui est venue aider l’agriculture cubaine à se convertir au bio (en anglais) :

version courte (10 minutes)

Image de prévisualisation YouTube

version longue (52 minutes)

http://video.google.com/videoplay?docid=-66172489666918336

 

 


5. Menace ou opportunité ?

Le pétrole est souvent présenté à juste titre comme le « sang » ou le « liquide vital » des sociétés modernes. Il est en effet indispensable à :

  • la mobilité des personnes et des marchandises caractéristiques de notre économie moderne ;
  • de nombreux processus industriels ;
  • la production alimentaire (en moyenne 10 calories de pétrole pour produire 1 calorie alimentaire) ;
  • les plastiques et nombreuses autres matières synthétiques, notamment textiles ;
  • de très nombreux médicaments ;
  • les cosmétiques, produits d’entretien et produits de bricolage ;
  • les pesticides (herbicides, insecticides et fongicides)
  • etc.

Notre dépendance au pétrole est totale, en dépit du mythe de l’indépendance énergétique de la France. La viande, un jean, un DVD ou un parpaing en béton représentent beaucoup d’énergie cachée (pour la production, le conditionnement et le transport), souvent sous forme de pétrole.

En l’absence d’alternatives bon marché et déjà prêtes à grande échelle, le pic puis le déclin de la production pétrolière vont avoir un impact important sur notre économie et sur notre vie quotidienne.

Un impact majeur sur nos sociétés

En 2005, un rapport au Département US de l’énergie, le rapport Hirsch, alertait le gouvernement américain sur le risque de catastrophe économique si l’arrivée du pic et le déclin de la production pétrolière n’étaient pas anticipés.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1982 nous donnent une petite idée de ce qui risque de se produire si rien n’est fait pour s’y préparer. Le risque de désorganisation est réel : la complexité de nos sociétés dépend d’un apport continu et élevé d’énergie bon marché. Un sevrage brutal porte en soi un potentiel de désorganisation.

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schéma montrant l’écart croissant entre l’évolution de la demande (en jaune) et lé déclin de la production pétrolière après le pic (en rouge).

 

Logiquement, les premiers secteurs touchés devraient être les entreprises de transport l’immobilier, le bâtiment, l’automobile, les vols aériens, le tourisme et la production de biens de loisirs et de culture.

Dans un deuxième temps, la grande distribution mais aussi nos systèmes de protection sociale (assurance santé et retraites) devraient être touchés à leur tour. Aucun domaine d’activité n’est à l’abri.
Que va-t-il se passer ?

Il existe de nombreux scénarios tenant de comprendre ce qui va se passer. Écrits par des économistes, des énergéticiens ou des écologistes, ils vont de l’optimisme le plus irréaliste au catastrophisme le plus noir.

Côté optimiste, le coût et la faisabilité (financière et technique) d’une mutation technologique dans un minimum de temps sont largement ignorés dans la plupart des scénarios : rappelons que le rapport Hirsch l’estime à 1000 milliards de dollars par an pendant 20 ans pour les seuls États-Unis.

Inversement, les scénarios les plus noirs (effondrement total de nos sociétés et chaos généralisé) sous-estiment les capacités de réaction des sociétés humaines et des individus : reconversion totale de l’industrie américaine dans les premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale, solidarités qui se manifestent localement en cas de catastrophes naturelles, ou encore l’extraordinaire réaction de Cuba à l’effondrement de son approvisionnement énergétique à la suite de l’effondrement de l’URSS, en 1991.
Un modèle de développement autodestructeur

Notre mode de développement actuel n’est pas durable, tout le monde s’accorde sur ce point :

  • épuisement de nos ressources (pétrole, gaz, uranium, métaux) ;
  • perte de fertilités des sols ;
  • épuisement des océans ;
  • réchauffement climatique ;
  • perte de la biodiversité ;
  • pollution des eaux courantes et des nappes phréatiques ;
  • manque d’eau à l’échelle mondiale ;
  • crise démographique ;
  • inégalités croissantes ;
  • gaspillages énormes.

Si tous les humains vivaient comme les Français, il faudrait les ressources de 3 planètes ; s’ils vivaient comme les Américains, il en faudrait 5 à 6. Cela signifie que notre modèle de développement n’est possible que si nous acceptons que des milliards d’être humains vivent dans la misère.

Bien que tout le monde soit d’accord sur le fait qu’il faut agir, les réponses étatiques à ces problèmes ne sont pas à la hauteur du problème et tout continue comme avant. Et si le coup d’arrêt à cette course suicidaire qu’amènera le choc pétrolier était salutaire, en nous obligeant à revoir les fondements de notre développement :

« Une croissance illimitée dans un monde fini est impossible. »

Une opportunité à saisir ?

L’esprit de l’initiative que nous avons lancée est de regarder l’avenir avec une vision optimiste : et si cette mutation – sans se cacher ses difficultés – était une opportunité ?

Si, en nous acculant au pied du mur, la crise énergétique nous forçait à devenir raisonnables, à revoir les bases de notre développement et à l’asseoir sur des fondations plus solides et plus équitables ?

Un chose est certaine : l’avenir n’est pas écrit et dépendra aussi de la manière dont les sociétés et les individus se prépareront à la mutation de l’après-pétrole. Il serait donc hasardeux de privilégier un scénario sur un autre : la période de grande incertitude dans laquelle nous entrons va au contraire nécessiter adaptation et créativité. C’est dans cet esprit qu’a été conçu le concept de transition présenté dans la section 8.
Et si nous nous trompions ?

Cela n’est pas exclu, même si cela ne paraît pas le plus probable une fois que toutes les données (énergétiques, techniques, économiques, sociales) sont réunies.

Mais, au vu des conséquences potentielles du choc pétrolier qui s’annonce, nous pensons qu’il est préférable de se préparer pour rien (au risque de perdre un peu de temps de paraître ridicule) que de ne pas se préparer… et que le choc se produise réellement.

 


4. Climat, pétrole, crise : les choses se compliquent

La crise actuelle fait passer à l’arrière-plan la crise pétrolière. Pourtant, elle ne modifie pas fondamentalement le problème énergétique : la demande mondiale en pétrole a chuté de 4 %, moins vite que le taux de déclin des gisements pétrolier. En revanche, elle modifie la donne en termes de capacité d’investissement dans les énergies nouvelles.

Une crise profonde et longue

La présente crise n’est pas une simple correction financière : c’est une crise de la dette, dont l’accroissement vertigineux depuis les années 1980 est à la base de la croissance économique de ces 25 dernières années. C’est donc au cœur que le système économique est touché.

La plupart des économistes et commentateurs ont semblé surpris par cette crise soudaine. Pourtant, certains économistes tiraient la sonnette d’alarme depuis une dizaine d’années : notre croissance et la création de monnaie étant tirées par un amoncellement de dettes, la chute risquait d’être brutale une fois que les consommateurs et les états allaient se retrouver insolvables. C’est ce qui est en train de se passer. Les plans de sauvetage des états ont permis d’éviter un krach bancaire généralisé, mais le problème de fond demeure : le niveau de dette a rendu des pans entiers de la population insolvable (il n’est d’ailleurs pas exclu que les prix élevés des carburants et des aliments début 2008 aient précipité les choses), les banques ne prêtent plus, la consommation diminue, les enteprises ne peuvent ou ne veulent plus investir.

Avec une crise de la dette aussi profonde, on voit donc mal où est le moteur qui pourrait entraîner une relance mondiale rapide. Il est probable que le plus dur reste à venir.

Des investissements gelés

La crise a un effet double sur la crise énergétique. Le plus visible est la diminution du cours du pétrole, de 148 $ à 41 $ en quelques mois ! Cet effet est dû à la baisse de la demande (-4 %) et surtout à la peur des spéculateurs, qui ont massivement revendu les cargaisons qu’ils avaient achetées.

L’automobiliste et les entreprises se réjouissent bien sûr de l’aubaine et l’on pourrait se réjouir avec eux. En réalité, c’est une mauvaise nouvelle.

Car si l’on peut imaginer que la baisse de la demande devrait repousser légèrement la date du pic, le cours actuel du pétrole (autour de 40-45 $) est inférieur à son coût de production (entre 60 et 70 $). Si l’on joute à cela la pénurie de crédit, les conséquences de la crise actuelle sont déjà visibles :

  • la plupart des projets d’investissement dans les pétroles non conventionnels ont été gelés ;
  • les investissements dans la modernisation et l’augmentation des capacités de raffinage sont reportés.
  • beaucoup de projets dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, ainsi que dans les agrocarburants sont suspendus

Plus généralement, c’est la capacité de nos sociétés à investir massivement dans les énergies nouvelles et dans l’efficacité énergétique qui est frappée de plein fouet.

En d’autres termes, quand la demande en pétrole recommencera à augmenter, les projets d’augmentation des capacités de production prévus pour y faire face n’auront pas vu le jour : il devrait en résulter un choc pétrolier qui risque de tuer la reprise dans l’œuf. Paradoxalement, cela pourrait même rapprocher le pic au lieu de l’éloigner
Contrairement aux précédents chocs pétroliers, celui-ci sera irréversible, car il n’est pas imposé par un embargo mais par la nature. Il est vraisemblable que nous soyons entrés dans une récession durable dont nos sociétés ressortiront profondément transformées : le monde dans 20 ans ne ressemblera pas au monde d’aujourd’hui.

Pour mieux comprendre le triple ipact de la crise économique, de la crise énergétique et de la crise écologique, je vous conseille de consulter l’excellent Crash Course, si vous lisez l’anglais.

Le mythe de l’indépendance énergétique

Cocorico : grâce au nucléaire, la France serait plus indépendante pour sa production d’énergie que les autres pays. Sommes-nous donc à l’abri de la crise énergétique mondiale ?

Longtemps le premier producteur mondial d’uranium, la France importe aujourd’hui la plus grande partie de l’uranium qu’elle consomme, car ses gisements sont en voie d’épuisement.

D’autre part, si le nucléaire réprésente 80 % de la production électrique du pays, celle-ci ne fournit que 25 % des besoins : il en résulte que le nucléaire ne fournit que 20 % de la consommation énergétique nationale.

Mais le point le plus important est celui-ci : notre parc automobile ne roule pas à l’électricité. Le secteur des transports dépend du pétrole à 95 %. Notre économie moderne dépendant à 100 % des transports, cela signifie que la France ne dépend pas moins du pétrole que les autres pays industrialisés. Il suffit de se rappeler la grève des routiers de 1997 pour en avoir la démonstration

L’impact du pic pétrolier

De son côté, le pic pétrolier ne sera pas sans impacts sur l’économie et, s’il survient bientôt, risque simplement de tuer dans l’œuf tout début de reprise économique : dès que la demande mondiale en carburants repartira à la hausse, les prix remonteront et asphyxieront rapidement l’économie : hausse des coûts de fabrication pour les entreprises et baisse du pouvoir d’achat des ménages nous plongeront dans une récession à long terme.

Il suffit de se rappeler l’impact des chocs pétroliers de 1973 et de 1979 pour s’en faire une idée : récession et chômage massif en furent les conséquences les plus évidentes. Or ce choc sera encore plus fort et, surtout, il ne sera pas temporaire, car ses causes seront naturelles et non politiques.

Dans un tel contexte, les plans gouvernementaux consistant à soutenir l’industrie automobile dans sa voie actuelle et à relancer les travaux routiers sont un gaspillage d’argent précieux.

Une société différente
Plus généralement, c’est toute notre organisation économique qui repose sur l’abondance d’une énergie bon marché : 70 % de la population active travaille dans le secteur tertiaire (services, administration, éducation, santé, etc.) contre seulement 3 % dans la production alimentaire. Moins de pétrole, ça veut dire plus de main d’œuvre dans les champs et les usines et beaucoup moins de métiers de bureaux.

C’est aussi probablement la fin des banlieues et des grands centres commerciaux excentrés. C’est une forte réduction de la haute technologie, très dépendante en énergie (à commencer par Internet). C’est la disparition de nombreux métiers et l’apparition de métiers nouveaux.

À quoi ressemblera demain ? Il faudrait être devin pour le savoir. mais cela dépendra des décisions que nous prendrons collectivement et dans nos vies quotidiennes.

Pour avoir une idée de ce que cela peut changer à nos vies, je vous signale un excellent roman d’anticipation sur le sujet : « En panne sèche »

Pour finir, une animation humoristique sur notre impréparation à la fin du pétrole bon marché. À méditer, comme tout bon trait d’humour.

Image de prévisualisation YouTube


Réunion de rentrée

 

Le groupe de pilotage de Trièves Après-Pétrole se réunira ce 12 octobre à Mens pour  envisager les activités de ce début d’année.

Ce sera l’occasion de revenir sur la foire bio et le succès de la conférence et du stand, et sur les enseignements à en tirer.


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