Trièves en Transition



Se préparer : Refaire sa cave

 

À partir de ce mois de novembre, Trièves Après-Pétrole vous propose une série d’articles mensuels sur comment se préparer à la fin du pétrole bon marché. Ces articles paraissent parallèlement dans les Nouvelles du Pays, le journal associatif d’informations locales.

 

Refaire sa cave

La cave, c’est la base de la maison, le fondement sur lequel l’édifice tient debout. C’est là que se trouvent les fondations et c’est aussi un lieu important pour la vie du foyer. C’est généralement là qu’on stocke le combustible (bois ou fioul), les conserves et les confitures, là qu’on se réfugie pour bricoler et qu’on installe la machine à laver. C’est aussi là qu’on dépose ce qui ne sert plus et qui resservira peut-être un jour.

Pour préparer la famille au monde de demain, un monde où l’énergie sera de plus en plus chère en raison de la diminution prochaine de la production pétrolière (d’ici à 2020 et probablement avant 2015, d’après les professionnels du pétrole), j’ai décidé de refaire notre cave et de la remettre en ordre.

A priori, face aux problèmes économiques et sociaux que risque de provoquer un tel événement, s’enfermer la cave pour refaire le sol, les murs, y aménager des rangements et un atelier peut paraître futile. Pourquoi ne pas installer des panneaux solaires ? Pourquoi ne pas acheter une voiture électrique ? En fait, j’ai simplement décidé de commencer par la base. Par la cave, donc. Refaire un jardin ou reprendre des ruches, comme j’en ai l’envie depuis quelque temps, ne serait pas judicieux tant que je ne dispose pas de cet espace. La cave se composera de deux pièces, l’une destinée au stockage de matériel et des granulés de bois de chauffage, ainsi qu’à la conservation des aliments ; l’autre aménagée avec un point d’eau et un établi pour servir à la fois d’atelier, de cuisine à conserves et de buanderie. Elle comprendra également un garage à vélos. Le sol en terre battue a été simplement couvert de gravier pour permettre au sol de respirer et de conserver à la cave ses qualités de conservation. Bien sûr, nous prévoyons aussi de faire poser des panneaux solaires, de diminuer notre consommation d’énergie et de partager une voiture avec d’autres familles. Mais plus tard. D’abord la cave.

Car je suis persuadé que la stagnation de la production pétrolière depuis 2004, au moment où la Chine et l’Inde augmentent leur demande de 10 à 15 % par an, n’aura pas que des conséquences sur la hausse des prix. Il ne suffira pas non plus de changer de technologie : nous ne produirons jamais assez d’électricité pour faire rouler toutes les voitures ou pour fabriquer assez d’hydrogène pour tous les moteurs. Cela signifie que nos modes de vie aussi devront s’adapter : pourrons-nous toujours vivre loin de nos lieux de travail ? commander par correspondance des produits à bas prix venant de l’autre bout du monde ? maintenir les rendements agricoles, obtenus grâce aux énergies fossiles (engrais et pesticides compris) ? chauffées de grandes maisons mal isolées et mal orientées ?

J’ignore jusqu’où iront ces changements et jusqu’où il faudra s’adapter, mais je sais que nous devrons nous habituer à vivre avec nettement moins d’énergie dans relativement peu d’années. C’est en anticipant ce moment e en nous y préparant dès maintenant que cette transition se déroulement le plus facilement.D’où la cave. Non que nous comptions vivre en autarcie et nous adapter seuls dans notre coin, ce qui serait illusoire. Mais au moins la base sera prête et les fondations posées à l’échelle familiale. Et comme la réussite de la transition ne pourra être que collective, j’ai déjà proposé à des amis de partager notre cave.


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