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Mobiliser la société face au pic pétrolier

Nous relayons cet appel à prendre conscience d’une réalité physique à laquelle nous devons faire face: le pic de production du pétrole. L’objectif des signataires est de « poser le problème ». Nous ne voulons pas faire peur: nous pensons qu’il est possible de vivre sans pétrole sans être malheureux, à condition de s’y préparer dès maintenant.

Il va falloir sortir du pétrole, du charbon et du gaz et préserver le climat. Vaste programme…

Chacun est cordialement invité à signer cet appel !

Mobiliser la société face au pic pétrolier

Tribune parue dans Le Monde.fr | 22.03.2012 à 09h18 • Mis à jour le 22.03.2012 à 14h31

Par Pierre René Bauquis, Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, Jean Laherrère, Yves Mathieu

Après plus d’un siècle d’augmentation importante de la production et de la consommation de pétrole, la Terre s’essouffle et la notion de « pic de production », autrefois ignorée, s’impose comme une réalité inéluctable. Cette tension se manifeste d’ores et déjà à travers le déploiement de techniques d’extraction demandant toujours plus d’investissements, d’énergie et de matériaux. En effet, lorsque des réserves sont limitées, le rythme de leur exploitation suit une courbe croissante, puis elle plafonne à son maximum en formant un plateau, avant de décroître. C’est le cas du pétrole facilement accessible et bon marché dont la plupart des experts, y compris, désormais, l’Agence internationale de l’énergie, admettent qu’il a atteint son pic de production mondial il y a quelques années.

Malgré les découvertes de gisements récemment médiatisées, le monde continue de consommer beaucoup plus de pétrole qu’il n’en trouve par l’exploration. L’extraction du pétrole difficile, appelé non-conventionnel (sables asphaltiques, pétrole de roche-mère, grands fonds marins…) sera beaucoup plus coûteuse et surtout beaucoup plus lente. Elle ne permettra donc pas d’éviter la baisse de la production mondiale après un plateau qui ne devrait durer que jusqu’en 2015-2020. Les énergies alternatives, même si elles sont développées à un rythme soutenu, ne pourront pas compenser le déclin de la production de pétrole, que ce soit en quantité ou en coût de production. Aucune solution de substitution aux carburants liquides n’est disponible à l’échelle de la demande, actuelle ou future.

A l’avenir, nous disposerons fatalement de moins d’énergie et de ressources alors que nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre et que les pays émergents sont en phase d’industrialisation rapide. Par ailleurs, les pays exportateurs consomment une part toujours plus importante de leur production pour alimenter leur développement.

Or force est de constater que le fonctionnement de notre société dépend aujourd’hui d’une croissance économique soutenue qui va de pair avec une consommation toujours plus importante d’énergie et de ressources. L’urgence apparaît donc d’anticiper une inexorable descente énergétique. Les limites physiques devraient déclencher une réelle transition de la société vers une diminution majeure de notre dépendance aux ressources non renouvelables, par un changement profond des comportements, de l’organisation du territoire et de notre économie. Si cette transition n’est pas anticipée, elle sera subie de manière chaotique et provoquera des conséquences économiques désastreuses, à l’image de la crise des subprimes. Les fondements de la démocratie et la paix pourraient donc être menacés.

Dans ce contexte, il est indispensable que les responsables politiques, mais aussi l’ensemble des acteurs sociaux et économiques ainsi que les citoyens français, prennent conscience de cet enjeu et fassent preuve d’anticipation, car nous sommes face à un péril réel pour la cohésion sociale et le fonctionnement de l’ensemble des secteurs vitaux de notre collectivité. Les signataires de cet appel invitent tous les candidats à l’élection présidentielle à tenir compte de cette situation urgente. Ils leur demandent de prendre position sur cette question, dans le cadre de débats et de propositions politiques concrètes. Celles-ci devront être compatibles avec la réalité physique de l’extraction des ressources et permettre de faire face à la décrue énergétique de notre société.

Pierre René Bauquis, Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, Jean Laherrère, Yves Mathieu

Pierre René Bauquis, ancien directeur de la stratégie et la planification du groupe Total ;

Yves Cochet, député européen, ancien ministre de l’environnement ;

Jean-Marc Jancovici, ingénieur consultant, président de The Shift Project ;

Jean Laherrère, président d’ ASPO France (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier), ancien patron des techniques d’exploration du groupe Total ;

Yves Mathieu, ancien chef du projet ressources pétrolières mondiales à l’Institut français du pétrole, auteur du livre Le dernier siècle du pétrole : la vérité sur les réserves mondiales (Editions Technip, 2010).


Rapport 2010 de l’Agence Internationale de l’Energie

 

L’Agence Internationale de l’Energie, un organisme de l’OCDE basé à Paris, vient de publier son rapport annuel « Perspectives énergétiques mondiales 2010″ (Résumé en français téléchargeable sur le site de l’agence ici).

Dans ce rapport, l’Agence utilise pour la première fois l’expression « pic pétrolier » et annonce que le pic de production du pétrole conventionnel est passé en 2006.

Son scénario de l’évolution énergétique mondiale est résumé dans le graphique suivant :

aie2010prodmonde.jpg

L’ Agence prévoit un pic de production tous pétroles confondus (incluant le gaz naturel liquéfié) en 2035.  La croissance de la production montrée sur le graphique  correspond a un rythme de croissance annuelle de 1,5 % en moyenne. Or, le rythme de croissance de la demande est actuellement plus proche de 2,5 %, tiré par la Chine et l’Inde. L’AIE espère que le développement des énergies renouvelable et du nucléaire ainsi que l’amélioration des performances énergétiques de ces pays permettront de fournir la différence de 1 %. Mais l’Agence souligne que ce développement est à l’heure actuelle beaucoup trop lent.
La production maximale atteinte en 2035 est de 99 millions de barils par jours (mb/d), soit une baisse par rapport a l’estimation de 2005 (120 mb/ et celle de 2009 (105 mb/d).De fait, l’Agence n’a cessé de revoir ses estimations a la baisse.

En analysant de plus près le graphique on constate :

- la baisse très rapide de la production de pétrole conventionnel après 2010 ( 4 à 6 % par an) ;

-  une compensation partielle de cette baisse par la mise en exploitation de gisements connus mais non encore exploités (en gris) ;

- une augmentation de la production de gaz naturel liquéfies (en violet) ;

- une augmentation de la production de pétroles non conventionnels (en jaune) : sables et schistes bitumineux, pétrole lourd du Venezuela, pétroles profonds sous la mer. Une remarque important s’impose : bien que les réserves de pétroles non conventionnels soient plusieurs fois plus élevées que celles de pétrole conventionnelle, la production reste remarquablement modeste. Pourquoi ? Parce que ce sont des pétroles très complexes et très coûteux à extraire, avec un retour sur investissement plus faible, et des émissions de CO2 très élevées à la production. Le rythme technique d’extraction est donc inférieur à celui du pétrole conventionnel.

- enfin, la bande bleu clair correspond à des gisements de pétrole non encore découverts. On ignore donc complètement à ce jour si la production pourra atteindre les niveaux espérés sur le graphique, car le rythme des découvertes de pétrole a tellement baissé depuis la fin des années 70 que les ingénieurs ne voient pas bien par quel miracle les découvertes actuelles suffiront à remplir la bande bleu clair.

Pour finir, l’AIE précise que ce scénario pourra marcher s’il n’y a pas d’ici 2035 de crise économique ou financière qui ralentira les investissement pétroliers, et si la situation politique dans plusieurs pays, notamment l’Irak, se stabilisera afin que ces pays puissent produire à plein rendement.

La somme des conditions optimistes pour arriver à équilibrer ce scénario le rend très incertain. Dans tous les cas, il signifie une énergie et des carburants beaucoup plus chers. Dans son langage diplomatique, l’Agence nous fait comprendre que la fête est finie.


5. Menace ou opportunité ?

Le pétrole est souvent présenté à juste titre comme le « sang » ou le « liquide vital » des sociétés modernes. Il est en effet indispensable à :

  • la mobilité des personnes et des marchandises caractéristiques de notre économie moderne ;
  • de nombreux processus industriels ;
  • la production alimentaire (en moyenne 10 calories de pétrole pour produire 1 calorie alimentaire) ;
  • les plastiques et nombreuses autres matières synthétiques, notamment textiles ;
  • de très nombreux médicaments ;
  • les cosmétiques, produits d’entretien et produits de bricolage ;
  • les pesticides (herbicides, insecticides et fongicides)
  • etc.

Notre dépendance au pétrole est totale, en dépit du mythe de l’indépendance énergétique de la France. La viande, un jean, un DVD ou un parpaing en béton représentent beaucoup d’énergie cachée (pour la production, le conditionnement et le transport), souvent sous forme de pétrole.

En l’absence d’alternatives bon marché et déjà prêtes à grande échelle, le pic puis le déclin de la production pétrolière vont avoir un impact important sur notre économie et sur notre vie quotidienne.

Un impact majeur sur nos sociétés

En 2005, un rapport au Département US de l’énergie, le rapport Hirsch, alertait le gouvernement américain sur le risque de catastrophe économique si l’arrivée du pic et le déclin de la production pétrolière n’étaient pas anticipés.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1982 nous donnent une petite idée de ce qui risque de se produire si rien n’est fait pour s’y préparer. Le risque de désorganisation est réel : la complexité de nos sociétés dépend d’un apport continu et élevé d’énergie bon marché. Un sevrage brutal porte en soi un potentiel de désorganisation.

growinggap.jpg
schéma montrant l’écart croissant entre l’évolution de la demande (en jaune) et lé déclin de la production pétrolière après le pic (en rouge).

 

Logiquement, les premiers secteurs touchés devraient être les entreprises de transport l’immobilier, le bâtiment, l’automobile, les vols aériens, le tourisme et la production de biens de loisirs et de culture.

Dans un deuxième temps, la grande distribution mais aussi nos systèmes de protection sociale (assurance santé et retraites) devraient être touchés à leur tour. Aucun domaine d’activité n’est à l’abri.
Que va-t-il se passer ?

Il existe de nombreux scénarios tenant de comprendre ce qui va se passer. Écrits par des économistes, des énergéticiens ou des écologistes, ils vont de l’optimisme le plus irréaliste au catastrophisme le plus noir.

Côté optimiste, le coût et la faisabilité (financière et technique) d’une mutation technologique dans un minimum de temps sont largement ignorés dans la plupart des scénarios : rappelons que le rapport Hirsch l’estime à 1000 milliards de dollars par an pendant 20 ans pour les seuls États-Unis.

Inversement, les scénarios les plus noirs (effondrement total de nos sociétés et chaos généralisé) sous-estiment les capacités de réaction des sociétés humaines et des individus : reconversion totale de l’industrie américaine dans les premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale, solidarités qui se manifestent localement en cas de catastrophes naturelles, ou encore l’extraordinaire réaction de Cuba à l’effondrement de son approvisionnement énergétique à la suite de l’effondrement de l’URSS, en 1991.
Un modèle de développement autodestructeur

Notre mode de développement actuel n’est pas durable, tout le monde s’accorde sur ce point :

  • épuisement de nos ressources (pétrole, gaz, uranium, métaux) ;
  • perte de fertilités des sols ;
  • épuisement des océans ;
  • réchauffement climatique ;
  • perte de la biodiversité ;
  • pollution des eaux courantes et des nappes phréatiques ;
  • manque d’eau à l’échelle mondiale ;
  • crise démographique ;
  • inégalités croissantes ;
  • gaspillages énormes.

Si tous les humains vivaient comme les Français, il faudrait les ressources de 3 planètes ; s’ils vivaient comme les Américains, il en faudrait 5 à 6. Cela signifie que notre modèle de développement n’est possible que si nous acceptons que des milliards d’être humains vivent dans la misère.

Bien que tout le monde soit d’accord sur le fait qu’il faut agir, les réponses étatiques à ces problèmes ne sont pas à la hauteur du problème et tout continue comme avant. Et si le coup d’arrêt à cette course suicidaire qu’amènera le choc pétrolier était salutaire, en nous obligeant à revoir les fondements de notre développement :

« Une croissance illimitée dans un monde fini est impossible. »

Une opportunité à saisir ?

L’esprit de l’initiative que nous avons lancée est de regarder l’avenir avec une vision optimiste : et si cette mutation – sans se cacher ses difficultés – était une opportunité ?

Si, en nous acculant au pied du mur, la crise énergétique nous forçait à devenir raisonnables, à revoir les bases de notre développement et à l’asseoir sur des fondations plus solides et plus équitables ?

Un chose est certaine : l’avenir n’est pas écrit et dépendra aussi de la manière dont les sociétés et les individus se prépareront à la mutation de l’après-pétrole. Il serait donc hasardeux de privilégier un scénario sur un autre : la période de grande incertitude dans laquelle nous entrons va au contraire nécessiter adaptation et créativité. C’est dans cet esprit qu’a été conçu le concept de transition présenté dans la section 8.
Et si nous nous trompions ?

Cela n’est pas exclu, même si cela ne paraît pas le plus probable une fois que toutes les données (énergétiques, techniques, économiques, sociales) sont réunies.

Mais, au vu des conséquences potentielles du choc pétrolier qui s’annonce, nous pensons qu’il est préférable de se préparer pour rien (au risque de perdre un peu de temps de paraître ridicule) que de ne pas se préparer… et que le choc se produise réellement.

 


4. Climat, pétrole, crise : les choses se compliquent

La crise actuelle fait passer à l’arrière-plan la crise pétrolière. Pourtant, elle ne modifie pas fondamentalement le problème énergétique : la demande mondiale en pétrole a chuté de 4 %, moins vite que le taux de déclin des gisements pétrolier. En revanche, elle modifie la donne en termes de capacité d’investissement dans les énergies nouvelles.

Une crise profonde et longue

La présente crise n’est pas une simple correction financière : c’est une crise de la dette, dont l’accroissement vertigineux depuis les années 1980 est à la base de la croissance économique de ces 25 dernières années. C’est donc au cœur que le système économique est touché.

La plupart des économistes et commentateurs ont semblé surpris par cette crise soudaine. Pourtant, certains économistes tiraient la sonnette d’alarme depuis une dizaine d’années : notre croissance et la création de monnaie étant tirées par un amoncellement de dettes, la chute risquait d’être brutale une fois que les consommateurs et les états allaient se retrouver insolvables. C’est ce qui est en train de se passer. Les plans de sauvetage des états ont permis d’éviter un krach bancaire généralisé, mais le problème de fond demeure : le niveau de dette a rendu des pans entiers de la population insolvable (il n’est d’ailleurs pas exclu que les prix élevés des carburants et des aliments début 2008 aient précipité les choses), les banques ne prêtent plus, la consommation diminue, les enteprises ne peuvent ou ne veulent plus investir.

Avec une crise de la dette aussi profonde, on voit donc mal où est le moteur qui pourrait entraîner une relance mondiale rapide. Il est probable que le plus dur reste à venir.

Des investissements gelés

La crise a un effet double sur la crise énergétique. Le plus visible est la diminution du cours du pétrole, de 148 $ à 41 $ en quelques mois ! Cet effet est dû à la baisse de la demande (-4 %) et surtout à la peur des spéculateurs, qui ont massivement revendu les cargaisons qu’ils avaient achetées.

L’automobiliste et les entreprises se réjouissent bien sûr de l’aubaine et l’on pourrait se réjouir avec eux. En réalité, c’est une mauvaise nouvelle.

Car si l’on peut imaginer que la baisse de la demande devrait repousser légèrement la date du pic, le cours actuel du pétrole (autour de 40-45 $) est inférieur à son coût de production (entre 60 et 70 $). Si l’on joute à cela la pénurie de crédit, les conséquences de la crise actuelle sont déjà visibles :

  • la plupart des projets d’investissement dans les pétroles non conventionnels ont été gelés ;
  • les investissements dans la modernisation et l’augmentation des capacités de raffinage sont reportés.
  • beaucoup de projets dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, ainsi que dans les agrocarburants sont suspendus

Plus généralement, c’est la capacité de nos sociétés à investir massivement dans les énergies nouvelles et dans l’efficacité énergétique qui est frappée de plein fouet.

En d’autres termes, quand la demande en pétrole recommencera à augmenter, les projets d’augmentation des capacités de production prévus pour y faire face n’auront pas vu le jour : il devrait en résulter un choc pétrolier qui risque de tuer la reprise dans l’œuf. Paradoxalement, cela pourrait même rapprocher le pic au lieu de l’éloigner
Contrairement aux précédents chocs pétroliers, celui-ci sera irréversible, car il n’est pas imposé par un embargo mais par la nature. Il est vraisemblable que nous soyons entrés dans une récession durable dont nos sociétés ressortiront profondément transformées : le monde dans 20 ans ne ressemblera pas au monde d’aujourd’hui.

Pour mieux comprendre le triple ipact de la crise économique, de la crise énergétique et de la crise écologique, je vous conseille de consulter l’excellent Crash Course, si vous lisez l’anglais.

Le mythe de l’indépendance énergétique

Cocorico : grâce au nucléaire, la France serait plus indépendante pour sa production d’énergie que les autres pays. Sommes-nous donc à l’abri de la crise énergétique mondiale ?

Longtemps le premier producteur mondial d’uranium, la France importe aujourd’hui la plus grande partie de l’uranium qu’elle consomme, car ses gisements sont en voie d’épuisement.

D’autre part, si le nucléaire réprésente 80 % de la production électrique du pays, celle-ci ne fournit que 25 % des besoins : il en résulte que le nucléaire ne fournit que 20 % de la consommation énergétique nationale.

Mais le point le plus important est celui-ci : notre parc automobile ne roule pas à l’électricité. Le secteur des transports dépend du pétrole à 95 %. Notre économie moderne dépendant à 100 % des transports, cela signifie que la France ne dépend pas moins du pétrole que les autres pays industrialisés. Il suffit de se rappeler la grève des routiers de 1997 pour en avoir la démonstration

L’impact du pic pétrolier

De son côté, le pic pétrolier ne sera pas sans impacts sur l’économie et, s’il survient bientôt, risque simplement de tuer dans l’œuf tout début de reprise économique : dès que la demande mondiale en carburants repartira à la hausse, les prix remonteront et asphyxieront rapidement l’économie : hausse des coûts de fabrication pour les entreprises et baisse du pouvoir d’achat des ménages nous plongeront dans une récession à long terme.

Il suffit de se rappeler l’impact des chocs pétroliers de 1973 et de 1979 pour s’en faire une idée : récession et chômage massif en furent les conséquences les plus évidentes. Or ce choc sera encore plus fort et, surtout, il ne sera pas temporaire, car ses causes seront naturelles et non politiques.

Dans un tel contexte, les plans gouvernementaux consistant à soutenir l’industrie automobile dans sa voie actuelle et à relancer les travaux routiers sont un gaspillage d’argent précieux.

Une société différente
Plus généralement, c’est toute notre organisation économique qui repose sur l’abondance d’une énergie bon marché : 70 % de la population active travaille dans le secteur tertiaire (services, administration, éducation, santé, etc.) contre seulement 3 % dans la production alimentaire. Moins de pétrole, ça veut dire plus de main d’œuvre dans les champs et les usines et beaucoup moins de métiers de bureaux.

C’est aussi probablement la fin des banlieues et des grands centres commerciaux excentrés. C’est une forte réduction de la haute technologie, très dépendante en énergie (à commencer par Internet). C’est la disparition de nombreux métiers et l’apparition de métiers nouveaux.

À quoi ressemblera demain ? Il faudrait être devin pour le savoir. mais cela dépendra des décisions que nous prendrons collectivement et dans nos vies quotidiennes.

Pour avoir une idée de ce que cela peut changer à nos vies, je vous signale un excellent roman d’anticipation sur le sujet : « En panne sèche »

Pour finir, une animation humoristique sur notre impréparation à la fin du pétrole bon marché. À méditer, comme tout bon trait d’humour.

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