Trièves en Transition


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Liste des articles dans la catégorie Se préparer.

Se déplacer en Trièves

Là où nous habitons, nous ne pouvons pas complètement nous passer de véhicule… comment faire quand l’essence sera devenue très chère ? Même ici, il est possible de réduire notre dépendance à la voiture et au pétrole. Voici quelques pistes…

Mais comment ? Bien sûr nous ne pouvons pas (et ne voulons pas !) cesser complètement de nous déplacer. Mais il est des déplacements dont on se passe volontiers. Pour moi, les courses dans une grande surface de la Mure ou de Grenoble étaient une corvée particulièrement pénible, dont je me suis débarrassée avec joie lorsque j’ai calculé que chaque déplacement à la Mure avec ma voiture me coûtait 10 euros (environ 25 centimes du kilomètre pour la 405 que j’avais à l’époque) et une heure de route, sans compter le temps nécessaire pour arpenter les allées du supermarché avec mon caddie ! Résultat, je fais désormais la presque totalité de mes courses sur place. Ca me prend moins de temps et financièrement je m’y retrouve, d’autant plus que, étant moins tentée par toutes sortes de produits, je fais finalement des économies… tout en favorisant le commerce local. Chacun, nous pouvons sûrement identifier quelques déplacements que nous pouvons réduire avec profit.

Moi qui vous parle, j’ai fait cette chose incroyable : j’ai renoncé à posséder une voiture il y a plus de 18 mois, et je ne me sens pas plus prisonnière pour autant. Cela a été possible parce que j’habite et travaille dans Mens, et parce que plusieurs personnes m’ont proposé d’utiliser leur véhicule en cas de besoin (car, comme vous, j’ai besoin de me déplacer en voiture régulièrement). Jusqu’à présent, je n’ai jamais dû renoncer à un déplacement pour cause d’indisponibilité de voiture. Nous nous sommes mis d’accord sur un prix au kilomètre que je paye soit chaque fois que je rends la voiture, soit à la fin du mois pour la voiture que j’utilise le plus régulièrement. L’avantage pour moi est que je n’ai pas à m’occuper de l’entretien d’une voiture dont je me servais très peu. Et je pense aussi que cela me coûte au final moins cher que quand j’avais ma propre voiture, puisque je me déplace moins et que cela revient à mutualiser certains coûts comme l’assurance. Les inconvénients sont la contrainte de passer quelques coups de fil avant chaque déplacement. Ce système ne convient pas aux déplacements de longue durée. Un autre problème est l’évaluation du malus en cas d’accident responsable.

Se déplacer autrement : les possibilités en Trièves

En voiture
Une autre façon courante de partager des voitures est le covoiturage. Le site internet Triévoies, créé par le SAT, est un outil performant pour organiser le covoiturage. On peut regretter qu’il ne soit pas plus utilisé, et nous vous encourageons à vous inscrire dessus : c’est simple et c’est gratuit.
Une autre variante est le stop « sécurisé », piste étudiée par nos voisins de la Matheysine avec l’association Drac Nature. Les autostoppeurs et les automobilistes sont inscrits dans un groupe d’autostop et se retrouvent dans des arrêts spécialement identifiés au bord des routes.
Site Triévoies

A pied
Le pédibus de Mens, créé à l’initiative de parents d’élèves, rassemble tous les jours une dizaine d’enfants sur le chemin des écoles primaire et maternelle. Accompagnés par un parent volontaire, ils se retrouvent en des points d’arrêts identifiés et sont en sécurité tout le long du trajet.

A vélo
Le vélo n’est pas réservé aux sportifs ou aux petites distances : avec le vélo électrique, même les côtes les plus raides se grimpent sans transpirer ! Ces vélos se rechargent partiellement dans la descente et permettent de parcourir 25 à 70 km sans trop d’effort Signalons Vel’Obiou, à Mens, qui loue des vélos électriques performants. On peut aussi en acheter auprès des établissements Ailloud-Perraud.
Site Vél’Obiou

En car
Outre les lignes du Conseil Général Mens-Clelles-Monestier-Grenoble, Tréminis-Clelles et Mens-La Mure, il existe la ligne Grenoble-Marseille gérée par la SCAL (arrêts à Clelles et Monestier).
En car scolaire : saviez-vous que le Conseil général permet à tout un chacun de les utiliser. Ils desservent les villages et les hameaux aux heures de ramassage scolaire, le matin et le soir.
Site Trans’isère ; site SCAL

En train
Plus de liaisons, des horaires plus réguliers, le confort en plus et la fatigue en moins. On peut même y mettre son vélo, avec garage à vélos dans les gares. Depuis le 13 décembre 2009, il y a 9 aller-retours entre Grenoble et Clelles et un aller-retour en car « sncf » pour les horaires extrêmes. En effet, un nouvel aller-retour a été mis en place à la demande de la Région RhôneAlpes pour combler un vide l’après-midi (départ de Grenoble à 15h13 ; dans l’autre sens, départ de Clelles à 16h44 et de Monestier à 16h59).De plus, le canton de Clelles est desservi par un taxi à la demande pour aller ou venir de la gare.
Site TER

Pour en savoir plus, vous trouverez sur notre blog les fiches horaires ainsi qu’une fiche pratique pour calculer le coût réel du kilomètre en voiture : cliquer ici.


Une nouvelle décennie

 

2010 est là, nous fêtons le début d’une nouvelle décennie. Une décennie pas comme les autres. Car ce sera la décennie pendant laquelle la production de pétrole devrait commencer à diminuer, sans que rien ne soit prêt à brève échéance pour le remplacer rapidement à un coût supportable pour l’économie. 95 % des transports dépendent du pétrole, ainsi que la totalité de notre production alimentaire.

D’après de nombreux experts pétroliers, nous pourrions vivre en 2025 avec environ deux fois moins de pétrole qu’aujourd’hui. Pouvons-nous imaginer une vie avec deux fois moins de pétrole ? Moins d’énergie bon marché pour se déplacer, pour produire nos aliments, produire tous les biens de consommations et les services auxquels nous sommes habitués. C’est un changement profond de nos vies quotidiennes et de nos métiers qui nous attend. Quelle que soit la forme que prendra ce changement, nous savons que tout sera plus cher. Tous les aspects de notre vie seront concernés.

Aussi loin que remontent nos souvenirs, nous avons toujours vécu avec toujours PLUS, grâce au pétrole bon marché. Notre système économique est programmé pour fonctionner avec PLUS, pas pour faire avec MOINS. Aujourd’hui, nous constatons les dégâts écologiques et sociaux de ce toujours plus, nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir que la consommation ne fait pas forcément notre bonheur, mais qu’elle détruit les relations humaines sans nous donner de boussoles pour construire nos vies.

C’est pourquoi nous pensons que cette décennie apportera aussi la possibilité de rompre avec cette logique destructrice et insatisfaisante sur le plan personnel. Les changements à venir peuvent nous faire peur et nous angoisser, mais ils peuvent être aussi l’occasion de construire une vie plus conviviale, plus riches en relations humaines, moins axées sur l’accumulation matérielle (nous n’en aurons plus les moyens), mais propice l’épanouissement de tous. À condition de s’en saisir dès MAINTENANT.

Des opportunités d’innovation surgiront, de nouveaux métiers apparaîtront, notamment dans le recyclage, la réparation, l’agriculture et la production d’énergie renouvelable. Des ressources locales retrouveront un intérêt économique, le compost et autres engrais organiques remplaceront peu à peu engrais et pesticides, fabriqués à partir de pétrole et de gaz. Se requalifier, apprendre de nouvelles compétences deviendra important pour beaucoup d’entre nous.

D’ores et déjà, de nombreuses initiatives associatives, individuelles ou communales existent dans le Trièves qui préparent ce monde de demain (voir encadré). À nous d’en prendre conscience, de savoir les partager et les amplifier pour faire du Trièves un endroit qui soit toujours aussi agréable à vivre.

Une grande aventure nous attend dans les années qui viennent. L’avenir est incertain et lourd d’interrogations. Il peut être aussi plein de promesses si nous nous préparons dès MAINTENANT. C’est ce que propose Trièves Après-Pétrole.

Bonne décennie à tous,

Beaucoup de choses se font déjà en Trièves qui nous aideront dans l’ère de l’après-pétrole : Agenda 21 local, recréation de filières courtes pour les produits agricoles, développement de l’agriculture biologique, relance d’une filière forêt et d’une filière chanvre, construction d’écoquartiers comme à Miribel-Lanchâtre, promotion d’autres modes de déplacements avec Trié’voies, du recyclage de nos déchets organiques avec Trièves Compostage, de l’utilisation des énergies renouvelables avec les chaufferies collectives au bois, promotion de la construction écologique avec Pour Bâtir Autrement, de la solidarité avec le Système d’Échange Local et le Collectif d’Entraide, des jardins partagés et des échanges de savoir avec les Pouces Vertes, réflexion sur l’écotourisme, épuration écologique à Mens, réflexion sur l’adaptation des plans d’urbanisme aux énergies nouvelles, etc. Des professionnels locaux travaillent déjà avec les matériaux écologiques et se sont former pour installer des panneaux solaires, construire des maisons à ossature en boit, etc. 47 installations agricoles, la plupart de petite taille, ont vu le jour en 2009.
Le Trièves est riche d’innovations, de compétences et de réalisations qui peuvent l’aider à passer le cap de l’après-pétrole. Il ne tient qu’à nous de prendre conscience de cette richesse et d’amplifier cette dynamique, car c’est dans la présente décennie qu’il faut engager la transition.


Se préparer : Refaire sa cave

 

À partir de ce mois de novembre, Trièves Après-Pétrole vous propose une série d’articles mensuels sur comment se préparer à la fin du pétrole bon marché. Ces articles paraissent parallèlement dans les Nouvelles du Pays, le journal associatif d’informations locales.

 

Refaire sa cave

La cave, c’est la base de la maison, le fondement sur lequel l’édifice tient debout. C’est là que se trouvent les fondations et c’est aussi un lieu important pour la vie du foyer. C’est généralement là qu’on stocke le combustible (bois ou fioul), les conserves et les confitures, là qu’on se réfugie pour bricoler et qu’on installe la machine à laver. C’est aussi là qu’on dépose ce qui ne sert plus et qui resservira peut-être un jour.

Pour préparer la famille au monde de demain, un monde où l’énergie sera de plus en plus chère en raison de la diminution prochaine de la production pétrolière (d’ici à 2020 et probablement avant 2015, d’après les professionnels du pétrole), j’ai décidé de refaire notre cave et de la remettre en ordre.

A priori, face aux problèmes économiques et sociaux que risque de provoquer un tel événement, s’enfermer la cave pour refaire le sol, les murs, y aménager des rangements et un atelier peut paraître futile. Pourquoi ne pas installer des panneaux solaires ? Pourquoi ne pas acheter une voiture électrique ? En fait, j’ai simplement décidé de commencer par la base. Par la cave, donc. Refaire un jardin ou reprendre des ruches, comme j’en ai l’envie depuis quelque temps, ne serait pas judicieux tant que je ne dispose pas de cet espace. La cave se composera de deux pièces, l’une destinée au stockage de matériel et des granulés de bois de chauffage, ainsi qu’à la conservation des aliments ; l’autre aménagée avec un point d’eau et un établi pour servir à la fois d’atelier, de cuisine à conserves et de buanderie. Elle comprendra également un garage à vélos. Le sol en terre battue a été simplement couvert de gravier pour permettre au sol de respirer et de conserver à la cave ses qualités de conservation. Bien sûr, nous prévoyons aussi de faire poser des panneaux solaires, de diminuer notre consommation d’énergie et de partager une voiture avec d’autres familles. Mais plus tard. D’abord la cave.

Car je suis persuadé que la stagnation de la production pétrolière depuis 2004, au moment où la Chine et l’Inde augmentent leur demande de 10 à 15 % par an, n’aura pas que des conséquences sur la hausse des prix. Il ne suffira pas non plus de changer de technologie : nous ne produirons jamais assez d’électricité pour faire rouler toutes les voitures ou pour fabriquer assez d’hydrogène pour tous les moteurs. Cela signifie que nos modes de vie aussi devront s’adapter : pourrons-nous toujours vivre loin de nos lieux de travail ? commander par correspondance des produits à bas prix venant de l’autre bout du monde ? maintenir les rendements agricoles, obtenus grâce aux énergies fossiles (engrais et pesticides compris) ? chauffées de grandes maisons mal isolées et mal orientées ?

J’ignore jusqu’où iront ces changements et jusqu’où il faudra s’adapter, mais je sais que nous devrons nous habituer à vivre avec nettement moins d’énergie dans relativement peu d’années. C’est en anticipant ce moment e en nous y préparant dès maintenant que cette transition se déroulement le plus facilement.D’où la cave. Non que nous comptions vivre en autarcie et nous adapter seuls dans notre coin, ce qui serait illusoire. Mais au moins la base sera prête et les fondations posées à l’échelle familiale. Et comme la réussite de la transition ne pourra être que collective, j’ai déjà proposé à des amis de partager notre cave.


Des exemples d’actions à mettre en place

Le concept de transition propose une démarche et des outils pour rassembler les gens et pour avancer ensemble vers un but. Mais, concrètement, quelles actions peuvent être entreprise pour faciliter la transition ? Nous nous concentrerons ici sur les actions collectives.

Une chose est certaine : rien ne réussira sans l’implication active des acteurs économiques (agriculteurs et entreprises, voir plus bas) et, bien sûr, des collectivités locales et des services de l’état (voir plus bas) et des agences bancaires.

Créer une monnaie locale

Les actions individuelles sont importantes, mais aucune transition ne peut réussir si le secteur économique n’est pas impliqué. Une réponse économique est indispensable à la résilience, qui ne peut reposer que sur du jardinage individuel, par exemple.

Selon Bernard Lietaer, professeur financier et un des concepteurs de l’euro, les monnaies locales offrent un outil puissant de préservation de la richesse locale, notamment en la mettant relativement à l’abri des soubresauts de l’économie et de la finance mondiales, et en encourageant les échanges entre acteurs économiques locaux. Elles vont plus loin que les systèmes d’échanges locaux (SEL), qui ne touchent pas le secteur économique. Elles ne se substituent pas à la monnaie officielle, qui reste indispensable, mais elles la complètent.

De plus, elles permettent de mobiliser plus facilement des compétences qui intéressent peut l’économie dominante. En premier lieu, elles peuvent déjà apporter une réponse locale à la crise économique actuelle.

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La livre de Totnes, lancée par le premier groupe de transition au monde à Totnes, dans le sud-ouest de l’Angleterre
Les monnaies locales cohabitent avec la monnaie légale, qu’elles complètent mais ne remplacent pas. 64 systèmes de monnaie locale ont déjà vu le jour ou sont en projet en Allemagne, deux en Angleterre.

En Suisse, le système du WIR existe depuis 1934 et il représente pour 1700 millions d’euros d’échanges pour l’année 2007. 20 à 30 % des petites et moyennes entreprises du pays l’utilisent et l’on a constaté que son emploi augmente en période de ralentissement économique, permettant à ces entreprises de mieux supporter la conjoncture défavorable.

Aux États-Unis, les Berkshares circulent depuis 2006 dans le Vermont, un état proche de Boston : plus de 1 millions de billets sont en circulation. Tous ces projets ont le soutien des autorités et des banques locales, et bien sûr des entreprises et des commerces participants.

En Rhône-Alpes, un système assimilé à une monnaie régionale est officiellement expérimenté à Grenoble, Lyon et dans le val de Drôme, ainsi que dans d’autres régions françaises : le SOL (pour solidaire). Il n’existe pas de billets.
Multiplier et amplifier les circuits courts

Un circuit court est un circuit de vente qui fonctionne avec le moins d’intermédiaires possibles, sur une base régionale ou locale. Un circuit court peut relier des individus (producteurs et consommateurs), des entreprises et des commerces, des collectivités et des entreprises, etc. Lorsque l’ensemble d’une filière fonctionne en partie ou totalement ainsi, on parle de filière courtes.

Leur intérêt est de relier entre eux les acteurs économiques locaux et de conserver une partie de la richesse et des emplois du territoire à l’intérieur de celui-ci, de valoriser ses ressources et son potentiel humain.
exemples de circuits ou filières courtes :

Les AMAP, réunissant un producteur agricole et des consommateurs abonnés. En Trièves, le Biau Panier fonctionne avec plusieurs produteurs bios. Le groupement Céréales du Trièves écoule une partie de sa production localement.

La filière bois a un fort potentiel de fournir énergie et bois d’œuvre à proximité. La forêt française est actuellement sous-utilisée en raison de la concurrence des bois scandinaves, sibériens et canadiens, plus faciles à exploiter. Le fort développement du chauffage au bois ces dernières années et l’occasion de relancer des filières courtes.

De telles initiatives, encore modestes, sont à amplifier.

Se déplacer autrement

Partager une voiture à plusieurs familles ou en association : c’est l’autopartage.

Circuler à plusieurs dans une même voiture sur unmême trajet : c’est le covoiturage (voir le site Triév’oies).

Utiliser et améliorer les transports en commun (plus difficile à la campagne).

Développer les parkings à vélo (villes ou gros bourgs).

Regrouper ses déplacements, éviter les déplacements inutiles.

Recycler et échanger

Le déchet de l’un est la matière première de l’autre. Le recyclage s’est beaucoup développé ces dernières années, mais il est encore lié à de transports à longue distance. L’idéal est de recycler ou de réutiliser sur place ou à proximité, y compris certains matériaux de construction (plus facile avec les matériaux écologiques). Une centrale d’échange, où les particuliers déposent leurs objets et que d’autres peuvent récupérer, est une excellente alternative à la mise en décharge ou au transport lointain pour recyclage. Une telle centrale fait partie des projets de Trièves Après-Pétrole.

Développer le compostage, comme le fait Trièves Compostage, sera essentiel pour contrebalancer le renchérissement et la moindre disponibilité des engrais et des pesticides. La préservation de la production alimentaire est un des enjeux majeurs de la transition. Former les particulier au compostage de jardin, développer les composts collectifs, encourager l’utilisation du compost par les agriculteurs.
Produire l’énergie

Moins dépendre du pétrole, mais aussi de réseaux électriques à longue distance qui sont fragiles et représentent une forte déperdition d’énergie, c’est aussi un moyen de valoriser les ressources locales et de créer des emplois sur place :

  • bois de chauffage ;
  • énergie de la biomasse, dont agrocarburants (pour les machines agricoles uniquement) et méthanisation ;
  • solaire passif, solaire photovoltaïque et éolien selon possibilités.

Pour les agriculteurs

  • Diversifier la production ;
  • Privilégier les circuits courts ;
  • Protéger sa trésorerie et se désendetter ;
  • Diviser les exploitations et favoriser l’installation de jeunes et de nouveaux venus ;
  • Diminuer les intrants ;
  • Choisir des cultivars appropriés au climat et plus résistants aux maladies, même si le rendement est inférieur.

Pour les entreprises

  • Réorganiser ses approvisionnements et ses stocks ;
  • Surveiller ses consommations énergétiques, remplacer les systèmes énergétiques ;
  • Rationaliser ses déplacements
  • Trouver des fournisseurs et des marchés plus proches ;
    Privilégier les circuits courts ;
    Revoir sa production en fonction des besoins locaux (ou un peu plus larges) ;
  • Protéger sa trésorerie, se désendetter ;
  • Participer activement au système de monnaie locale ;
  • Echanger et recycler ensemble (le déchet de l’un est le matériau de l’autre), se regrouper.

(Merci aux entrepreneurs et exploitants agricoles qui pourront nous aider à compléter la liste).

Pour les collectivités et services de l’état

  • Soutenir les initiatives des habitants et des acteurs économiques ;
  • Se préparer à gérer l’urgence ;
  • Œuvrer au renforcement des transports en commun.

 


Comment Cuba a surmonté le manque de pétrole

Cela surprendra sûrement, mais un pays a déjà subi un pic pétrolier : Cuba. Comme nous le savons tous, Cuba est une dictature et le niveau de vie n’y est pas fameux. Ce que les médias oublient de rappeler, c’est que Cuba est soumis à un embargo américain très rigoureux.

Jusqu’en 1991, Cuba survivait grâce à l’aide de l’Union soviétique, qui lui fournissait pétrole, gaz, machines, engrais et produits alimentaires. Mais quand l’URSS s’est effondrée fin 1991, Cuba s’est trouvé privé de 70 % de son pétrole, un choc pétrolier extrêmement violent. En raison de l’embargo, le pays s’est trouvé dans l’impossibilité de se tourner vers d’autres fournisseurs. Les centrales électriques fonctionnant au fioul ou au gaz n’ont pu assurer l’approvisionnement, l’agriculture intensive (la plus performante d’Amérique Latine à l’époque) s’est trouvée privée des moyens de produire et les transports on été paralysés.

L’économie et la société cubaines ont failli y rester (le PIB s’est effondré de 44 % en 2 ans) et le pays a échappé de peu à la famine : dans la période de transition de 5 années qui s’est ouverte, la « Période Spéciale » les Cubains ont perdu 10 à 15 kg en moyenne. L’agriculture s’est reconvertie d’urgence au bio, la main d’œuvre agricole ayant été multipliée par 10, les citadins se sont mis à cultiver tous les espaces disponibles, le pays a acheté 1 million de vélos à la Chine et les transports en commun se sont multipliés (devant l’impossibilité d’importer des bus, ce sont des camions inutilisés qui ont été convertis).

Aujourd’hui, Cuba est toujours une dictature et les standards de vie ne sont clairement pas les nôtres, il y a de la misère et des injustices. Mais Cuba a évité le pire, la pays est devenu autosuffisant pour son approvisionnement alimentaire (ce qui n’était pas le cas du temps de l’aide soviétique), la ville de la Havane d’autant d’habitants de Paris) produisant 80 % de son alimentation sur son territoire. Les systèmes éducatifs et de santé ont pu être préservés et décentralisés. Le contexte cubain n’est clairement pas le nôtre, mais ilmontre qu’il est possible de surmonter un déclin pétrolier brutal. Il y a certainement beaucoup à apprendre. Et de l’espoir.

Pour en savoir plus, jetez un coup d’œil sur ce passionnant documentaire réalisé par une association australienne de permaculture qui est venue aider l’agriculture cubaine à se convertir au bio (en anglais) :

version courte (10 minutes)

Image de prévisualisation YouTube

version longue (52 minutes)

http://video.google.com/videoplay?docid=-66172489666918336

 

 


Les spécificités du concept de transition

 

Dans le cadre de la préparation de notre première réunion publique, le
5 avril prochain, nous nous sommes demandés, au sein de notre groupe
de pilotage, ce qui fait la spécificité des initiatives de transition
par rapport à d’autres démarches comme la décroissance, la simplicité
volontaire, les Agendas21 et autres démarches de développement
durable. Une question à laquelle nous devrions être confrontés souvent
à l’avenir.

Après avoir passé en revue les différents éléments qui constituent
une initiative de transition (philosophie, pédagogie, démarche), nous
avons dégagé des éléments distinguent très clairement le concept de
transition et ne se retrouvent nulle part ailleurs :
. Il s’agit de réagir à l’urgence d’une menace touchant tout le monde, l’écolo ou le décroissant comme le dingue de conso et de 4×4, par la prise de conscience que les problèmes énergétiques sont pour les années qui viennent et non dans 30 ou 50 ans. Ce n’est pas une transition technologique douce, étalée sur 50 ans, qui nous attend, mais un choc brutal.

. La notion de résilience est au cœur de la démarche, alors qu’elle
est habituellement absente des autres démarches (au moins au niveau
conscient, même si certaines autres démarches – comme la décroissance – conduisent de facto à améliorer la résilience locale). Elle est liée à la nécessité de résister à un choc brutal, potentiellement désorganisateur pour nos sociétés.

. Sa dimension fédératrice s’adressant à toutes les couches et tous les acteurs de la société, tous les secteurs d’activité, dans un esprit de synergie. Il s’agit de susciter une vision commune, non de prendre la place des autres ni de refaire ce qu’ils font.

. Sa dimension psychologique : la prise en compte des éléments de psychologie qui nous font accepter ou rejeter la perspective du changement, qui nous font passer à l’action ou nous en empêchent. Les initiatives sont aussi un lieu où on s’encourage mutuellement pour avancer.

. L’idée de requalification ; si la relocalisation est bien comprise des mouvements de décroissance ou de développement durable, la requalification dérive du fait que c’est toute l’organisation de la société et de l’économie, et in fine de nos métiers, qui sera affectée.


Le Trièves en 2025

 

Imaginons…

Rappelez-vous : après la période de désorganisation et d’incrédulité qui a suivi la crise de 2009 et le choc pétrolier de 2013, nous avons pris notre destin en main. nous avons appris à nous serrer les coudes. À partager. La politique volontariste de la Communauté de Communes du Trièves, les initiatives d’entrepreneurs audacieux, la volonté des habitants et l’activité des associations ont permis de réussir la transition vers une économie moins gourmande en énergie, plus relocalisée, et vers une vie plus riche. Grâce au Régio, notre monnaie régionale qui circule en complément de l’euro, les compétences et les ressources locales ont pu être mobilisées efficacement et la situation redressée. Nous pouvons nous féliciter d’avoir su anticiper le choc pétrolier et ses conséquences pour mieux rebondir, comme en s’en convaincra à la lecture du bref bilan qui suit :

L’agriculture est revivifiée : de nouvelles exploitations, plus petites et plus nombreuses, employant une main d’œuvre nombreuse, fournissent le plus gros de notre alimentation, ainsi que du chanvre textile et pour la construction. La SAU (surface agricole utile) a augmenté, mettant fin au processus d’enfrichement des terres agricoles. La viande du Trièves est très appréciée des restaurateurs de Sisteron à Lyon, à la grande satisfaction de nos éleveurs. Enfin, les très nombreux jardins individuels et collectifs contribuent de manière non négligeable à notre alimentation.

La forêt a retrouvé son dynamisme économique : c’est aujourd’hui notre principale source d’énergie de chauffage et de bois de construction, surtout depuis que les chaufferies bois se sont multipliée dans nos communes. Les scieries de Tréminis, Saint-Baudille, Chichilianne et Gresse tournent à plein régime, tandis que le nombre d’entreprises de bûcheronnage a augmenté de 150 % dans les 5 dernières années.

Les lignes de car et la ligne SNCF n’ont jamais autant transporté de voyageurs, et nos élus ont eu le plaisir d’inaugurer ces dernières années les gares restaurées de Saint-Maurice et de Saint-Martin-de-la-Cluse. Les lignes de car Tréminis-Saint-Maurice, Corps-Mens-Clelles et Gresse-Monestier affichent complet.

Chaque commune ou presque peut s’enorgueillir d’avoir retrouvé une épicerie, une école, et une annexe postale. Les panneaux solaires sont devenus si courants qu’ils n’étonnent plus personne, le compostage généralisé permet de réutiliser une ressource précieuse, et le Centre de formation aux constructions nouvelles de Monestier-de-Clermont est cité en exemple dans toute la région. Mais surtout, ce sont nos relations sociales et humaines qui ont le plus bénéficié de ces changements. Plus de temps pour les autres, plus d’activités et de travaux en commun, de mutualisation de moyens techniques et de temps passé ensemble : notre Trièves bourdonne d’une joie de vivre retrouvée.

Retour au présent

Cette histoire vous a plu ? C’est peut-être la nôtre, celle des quinze prochaines années. La crise économique actuelle est, dit-on, la plus grave depuis 1929 et elle retient à juste titre notre attention. Elle a entre autres fait chuter le prix du pétrole de manière spectaculaire, à la grande joie de nos porte-monnaie. Mais cela n’a pas fait augmenter les réserves mondiales d’une seule goutte et le problème énergétique qui nous préoccupait à l’été 2008 est toujours là. Aussi nous nous posons quelques questions que nous voudrions partager avec vous :

- On dit qu’il reste pour 40 ans de pétrole ? Avez-vous une idée de ce que cela signifie ? Le pétrole va-t-il soudain manquer le 1er jour de la 41ème année ?
- Et si les Chinois et les Indiens (4 humains sur 10) continuent de consommer toujours plus de pétrole, pour combien de temps en reste-t-il réellement ?
- À votre avis, qu’est-ce qui autour de vous a besoin de pétrole pour fonctionner ? Quelles activités économiques en dépendent ?
- Pouvez-vous dire ce qui est fabriqué avec du pétrole autour de vous ?
- Savez-vous combien de litres de pétrole sont nécessaires pour produire 1 kilo de bœuf, 1 quintal de blé, un ordinateur, une voiture, un jean ?
- Savez-vous quelle part de notre alimentation vient de l’extérieur par camion ?
- S’il n’y avait plus de pétrole, qu’est-ce que vous pourriez encore faire ? Qu’est-ce que vous ne pourriez plus faire ?
- Quels sont à votre avis les atouts du Trièves dans une économie avec moins de pétrole ?
- S’il y avait assez de pétrole, de gaz naturel et de charbon pour des siècles, faudrait-il tout utiliser ?

Vous aussi vous vous posez toutes ces questions ? Contactez-nous à l’aide du formulaire en bas de page.

Question mystère : En quelle année a-t-on découvert le plus de pétrole dans le monde ? 1950 – 1965 – 1987 – 2002 ? N’hésitez pas à parcourir le blog pour découvrir la réponse.

 

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