Trièves en Transition


Comment Cuba a surmonté le manque de pétrole

Cela surprendra sûrement, mais un pays a déjà subi un pic pétrolier : Cuba. Comme nous le savons tous, Cuba est une dictature et le niveau de vie n’y est pas fameux. Ce que les médias oublient de rappeler, c’est que Cuba est soumis à un embargo américain très rigoureux.

Jusqu’en 1991, Cuba survivait grâce à l’aide de l’Union soviétique, qui lui fournissait pétrole, gaz, machines, engrais et produits alimentaires. Mais quand l’URSS s’est effondrée fin 1991, Cuba s’est trouvé privé de 70 % de son pétrole, un choc pétrolier extrêmement violent. En raison de l’embargo, le pays s’est trouvé dans l’impossibilité de se tourner vers d’autres fournisseurs. Les centrales électriques fonctionnant au fioul ou au gaz n’ont pu assurer l’approvisionnement, l’agriculture intensive (la plus performante d’Amérique Latine à l’époque) s’est trouvée privée des moyens de produire et les transports on été paralysés.

L’économie et la société cubaines ont failli y rester (le PIB s’est effondré de 44 % en 2 ans) et le pays a échappé de peu à la famine : dans la période de transition de 5 années qui s’est ouverte, la « Période Spéciale » les Cubains ont perdu 10 à 15 kg en moyenne. L’agriculture s’est reconvertie d’urgence au bio, la main d’œuvre agricole ayant été multipliée par 10, les citadins se sont mis à cultiver tous les espaces disponibles, le pays a acheté 1 million de vélos à la Chine et les transports en commun se sont multipliés (devant l’impossibilité d’importer des bus, ce sont des camions inutilisés qui ont été convertis).

Aujourd’hui, Cuba est toujours une dictature et les standards de vie ne sont clairement pas les nôtres, il y a de la misère et des injustices. Mais Cuba a évité le pire, la pays est devenu autosuffisant pour son approvisionnement alimentaire (ce qui n’était pas le cas du temps de l’aide soviétique), la ville de la Havane d’autant d’habitants de Paris) produisant 80 % de son alimentation sur son territoire. Les systèmes éducatifs et de santé ont pu être préservés et décentralisés. Le contexte cubain n’est clairement pas le nôtre, mais ilmontre qu’il est possible de surmonter un déclin pétrolier brutal. Il y a certainement beaucoup à apprendre. Et de l’espoir.

Pour en savoir plus, jetez un coup d’œil sur ce passionnant documentaire réalisé par une association australienne de permaculture qui est venue aider l’agriculture cubaine à se convertir au bio (en anglais) :

version courte (10 minutes)

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version longue (52 minutes)

http://video.google.com/videoplay?docid=-66172489666918336

 

 


5. Menace ou opportunité ?

Le pétrole est souvent présenté à juste titre comme le « sang » ou le « liquide vital » des sociétés modernes. Il est en effet indispensable à :

  • la mobilité des personnes et des marchandises caractéristiques de notre économie moderne ;
  • de nombreux processus industriels ;
  • la production alimentaire (en moyenne 10 calories de pétrole pour produire 1 calorie alimentaire) ;
  • les plastiques et nombreuses autres matières synthétiques, notamment textiles ;
  • de très nombreux médicaments ;
  • les cosmétiques, produits d’entretien et produits de bricolage ;
  • les pesticides (herbicides, insecticides et fongicides)
  • etc.

Notre dépendance au pétrole est totale, en dépit du mythe de l’indépendance énergétique de la France. La viande, un jean, un DVD ou un parpaing en béton représentent beaucoup d’énergie cachée (pour la production, le conditionnement et le transport), souvent sous forme de pétrole.

En l’absence d’alternatives bon marché et déjà prêtes à grande échelle, le pic puis le déclin de la production pétrolière vont avoir un impact important sur notre économie et sur notre vie quotidienne.

Un impact majeur sur nos sociétés

En 2005, un rapport au Département US de l’énergie, le rapport Hirsch, alertait le gouvernement américain sur le risque de catastrophe économique si l’arrivée du pic et le déclin de la production pétrolière n’étaient pas anticipés.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1982 nous donnent une petite idée de ce qui risque de se produire si rien n’est fait pour s’y préparer. Le risque de désorganisation est réel : la complexité de nos sociétés dépend d’un apport continu et élevé d’énergie bon marché. Un sevrage brutal porte en soi un potentiel de désorganisation.

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schéma montrant l’écart croissant entre l’évolution de la demande (en jaune) et lé déclin de la production pétrolière après le pic (en rouge).

 

Logiquement, les premiers secteurs touchés devraient être les entreprises de transport l’immobilier, le bâtiment, l’automobile, les vols aériens, le tourisme et la production de biens de loisirs et de culture.

Dans un deuxième temps, la grande distribution mais aussi nos systèmes de protection sociale (assurance santé et retraites) devraient être touchés à leur tour. Aucun domaine d’activité n’est à l’abri.
Que va-t-il se passer ?

Il existe de nombreux scénarios tenant de comprendre ce qui va se passer. Écrits par des économistes, des énergéticiens ou des écologistes, ils vont de l’optimisme le plus irréaliste au catastrophisme le plus noir.

Côté optimiste, le coût et la faisabilité (financière et technique) d’une mutation technologique dans un minimum de temps sont largement ignorés dans la plupart des scénarios : rappelons que le rapport Hirsch l’estime à 1000 milliards de dollars par an pendant 20 ans pour les seuls États-Unis.

Inversement, les scénarios les plus noirs (effondrement total de nos sociétés et chaos généralisé) sous-estiment les capacités de réaction des sociétés humaines et des individus : reconversion totale de l’industrie américaine dans les premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale, solidarités qui se manifestent localement en cas de catastrophes naturelles, ou encore l’extraordinaire réaction de Cuba à l’effondrement de son approvisionnement énergétique à la suite de l’effondrement de l’URSS, en 1991.
Un modèle de développement autodestructeur

Notre mode de développement actuel n’est pas durable, tout le monde s’accorde sur ce point :

  • épuisement de nos ressources (pétrole, gaz, uranium, métaux) ;
  • perte de fertilités des sols ;
  • épuisement des océans ;
  • réchauffement climatique ;
  • perte de la biodiversité ;
  • pollution des eaux courantes et des nappes phréatiques ;
  • manque d’eau à l’échelle mondiale ;
  • crise démographique ;
  • inégalités croissantes ;
  • gaspillages énormes.

Si tous les humains vivaient comme les Français, il faudrait les ressources de 3 planètes ; s’ils vivaient comme les Américains, il en faudrait 5 à 6. Cela signifie que notre modèle de développement n’est possible que si nous acceptons que des milliards d’être humains vivent dans la misère.

Bien que tout le monde soit d’accord sur le fait qu’il faut agir, les réponses étatiques à ces problèmes ne sont pas à la hauteur du problème et tout continue comme avant. Et si le coup d’arrêt à cette course suicidaire qu’amènera le choc pétrolier était salutaire, en nous obligeant à revoir les fondements de notre développement :

« Une croissance illimitée dans un monde fini est impossible. »

Une opportunité à saisir ?

L’esprit de l’initiative que nous avons lancée est de regarder l’avenir avec une vision optimiste : et si cette mutation – sans se cacher ses difficultés – était une opportunité ?

Si, en nous acculant au pied du mur, la crise énergétique nous forçait à devenir raisonnables, à revoir les bases de notre développement et à l’asseoir sur des fondations plus solides et plus équitables ?

Un chose est certaine : l’avenir n’est pas écrit et dépendra aussi de la manière dont les sociétés et les individus se prépareront à la mutation de l’après-pétrole. Il serait donc hasardeux de privilégier un scénario sur un autre : la période de grande incertitude dans laquelle nous entrons va au contraire nécessiter adaptation et créativité. C’est dans cet esprit qu’a été conçu le concept de transition présenté dans la section 8.
Et si nous nous trompions ?

Cela n’est pas exclu, même si cela ne paraît pas le plus probable une fois que toutes les données (énergétiques, techniques, économiques, sociales) sont réunies.

Mais, au vu des conséquences potentielles du choc pétrolier qui s’annonce, nous pensons qu’il est préférable de se préparer pour rien (au risque de perdre un peu de temps de paraître ridicule) que de ne pas se préparer… et que le choc se produise réellement.

 


4. Climat, pétrole, crise : les choses se compliquent

La crise actuelle fait passer à l’arrière-plan la crise pétrolière. Pourtant, elle ne modifie pas fondamentalement le problème énergétique : la demande mondiale en pétrole a chuté de 4 %, moins vite que le taux de déclin des gisements pétrolier. En revanche, elle modifie la donne en termes de capacité d’investissement dans les énergies nouvelles.

Une crise profonde et longue

La présente crise n’est pas une simple correction financière : c’est une crise de la dette, dont l’accroissement vertigineux depuis les années 1980 est à la base de la croissance économique de ces 25 dernières années. C’est donc au cœur que le système économique est touché.

La plupart des économistes et commentateurs ont semblé surpris par cette crise soudaine. Pourtant, certains économistes tiraient la sonnette d’alarme depuis une dizaine d’années : notre croissance et la création de monnaie étant tirées par un amoncellement de dettes, la chute risquait d’être brutale une fois que les consommateurs et les états allaient se retrouver insolvables. C’est ce qui est en train de se passer. Les plans de sauvetage des états ont permis d’éviter un krach bancaire généralisé, mais le problème de fond demeure : le niveau de dette a rendu des pans entiers de la population insolvable (il n’est d’ailleurs pas exclu que les prix élevés des carburants et des aliments début 2008 aient précipité les choses), les banques ne prêtent plus, la consommation diminue, les enteprises ne peuvent ou ne veulent plus investir.

Avec une crise de la dette aussi profonde, on voit donc mal où est le moteur qui pourrait entraîner une relance mondiale rapide. Il est probable que le plus dur reste à venir.

Des investissements gelés

La crise a un effet double sur la crise énergétique. Le plus visible est la diminution du cours du pétrole, de 148 $ à 41 $ en quelques mois ! Cet effet est dû à la baisse de la demande (-4 %) et surtout à la peur des spéculateurs, qui ont massivement revendu les cargaisons qu’ils avaient achetées.

L’automobiliste et les entreprises se réjouissent bien sûr de l’aubaine et l’on pourrait se réjouir avec eux. En réalité, c’est une mauvaise nouvelle.

Car si l’on peut imaginer que la baisse de la demande devrait repousser légèrement la date du pic, le cours actuel du pétrole (autour de 40-45 $) est inférieur à son coût de production (entre 60 et 70 $). Si l’on joute à cela la pénurie de crédit, les conséquences de la crise actuelle sont déjà visibles :

  • la plupart des projets d’investissement dans les pétroles non conventionnels ont été gelés ;
  • les investissements dans la modernisation et l’augmentation des capacités de raffinage sont reportés.
  • beaucoup de projets dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, ainsi que dans les agrocarburants sont suspendus

Plus généralement, c’est la capacité de nos sociétés à investir massivement dans les énergies nouvelles et dans l’efficacité énergétique qui est frappée de plein fouet.

En d’autres termes, quand la demande en pétrole recommencera à augmenter, les projets d’augmentation des capacités de production prévus pour y faire face n’auront pas vu le jour : il devrait en résulter un choc pétrolier qui risque de tuer la reprise dans l’œuf. Paradoxalement, cela pourrait même rapprocher le pic au lieu de l’éloigner
Contrairement aux précédents chocs pétroliers, celui-ci sera irréversible, car il n’est pas imposé par un embargo mais par la nature. Il est vraisemblable que nous soyons entrés dans une récession durable dont nos sociétés ressortiront profondément transformées : le monde dans 20 ans ne ressemblera pas au monde d’aujourd’hui.

Pour mieux comprendre le triple ipact de la crise économique, de la crise énergétique et de la crise écologique, je vous conseille de consulter l’excellent Crash Course, si vous lisez l’anglais.

Le mythe de l’indépendance énergétique

Cocorico : grâce au nucléaire, la France serait plus indépendante pour sa production d’énergie que les autres pays. Sommes-nous donc à l’abri de la crise énergétique mondiale ?

Longtemps le premier producteur mondial d’uranium, la France importe aujourd’hui la plus grande partie de l’uranium qu’elle consomme, car ses gisements sont en voie d’épuisement.

D’autre part, si le nucléaire réprésente 80 % de la production électrique du pays, celle-ci ne fournit que 25 % des besoins : il en résulte que le nucléaire ne fournit que 20 % de la consommation énergétique nationale.

Mais le point le plus important est celui-ci : notre parc automobile ne roule pas à l’électricité. Le secteur des transports dépend du pétrole à 95 %. Notre économie moderne dépendant à 100 % des transports, cela signifie que la France ne dépend pas moins du pétrole que les autres pays industrialisés. Il suffit de se rappeler la grève des routiers de 1997 pour en avoir la démonstration

L’impact du pic pétrolier

De son côté, le pic pétrolier ne sera pas sans impacts sur l’économie et, s’il survient bientôt, risque simplement de tuer dans l’œuf tout début de reprise économique : dès que la demande mondiale en carburants repartira à la hausse, les prix remonteront et asphyxieront rapidement l’économie : hausse des coûts de fabrication pour les entreprises et baisse du pouvoir d’achat des ménages nous plongeront dans une récession à long terme.

Il suffit de se rappeler l’impact des chocs pétroliers de 1973 et de 1979 pour s’en faire une idée : récession et chômage massif en furent les conséquences les plus évidentes. Or ce choc sera encore plus fort et, surtout, il ne sera pas temporaire, car ses causes seront naturelles et non politiques.

Dans un tel contexte, les plans gouvernementaux consistant à soutenir l’industrie automobile dans sa voie actuelle et à relancer les travaux routiers sont un gaspillage d’argent précieux.

Une société différente
Plus généralement, c’est toute notre organisation économique qui repose sur l’abondance d’une énergie bon marché : 70 % de la population active travaille dans le secteur tertiaire (services, administration, éducation, santé, etc.) contre seulement 3 % dans la production alimentaire. Moins de pétrole, ça veut dire plus de main d’œuvre dans les champs et les usines et beaucoup moins de métiers de bureaux.

C’est aussi probablement la fin des banlieues et des grands centres commerciaux excentrés. C’est une forte réduction de la haute technologie, très dépendante en énergie (à commencer par Internet). C’est la disparition de nombreux métiers et l’apparition de métiers nouveaux.

À quoi ressemblera demain ? Il faudrait être devin pour le savoir. mais cela dépendra des décisions que nous prendrons collectivement et dans nos vies quotidiennes.

Pour avoir une idée de ce que cela peut changer à nos vies, je vous signale un excellent roman d’anticipation sur le sujet : « En panne sèche »

Pour finir, une animation humoristique sur notre impréparation à la fin du pétrole bon marché. À méditer, comme tout bon trait d’humour.

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Réunion de rentrée

 

Le groupe de pilotage de Trièves Après-Pétrole se réunira ce 12 octobre à Mens pour  envisager les activités de ce début d’année.

Ce sera l’occasion de revenir sur la foire bio et le succès de la conférence et du stand, et sur les enseignements à en tirer.


Trièves Après-Pétrole révise ses objectifs

Après  6 mois de travail et  réunion publique du 5 avril, nous avons établi un bilan de nos efforts et décidé de réorienter nos priorités.
Deux constats s’imposent :

- le thème de l’énergie est inaudible pour le moment ; en revanche, le public est déjà très sensibilisé au climat ;

- nos forces sont très maigres.

D’autre part, nous ressentons un besoin d’AGIR plutôt que rester à un niveau de communication théorique :

- pour nous préparer concrètement à la transition dès maintenant, individuellement ou collectivement ;
- pour être crédibles et pouvoir appuyer notre discours ;
- pour répondre à l’attente de solutions et toucher ceux que les belles paroles n’intéressent pas.

Cela nous amène à modifier notre stratégie :

- mettre le climat en avant dans notre message, le pic pétrolier passe en second, mais il n’est pas oublié pour autant, car il modifie l’échelle de l’urgence (5 à10 ans au lieu de 30 ans) et ce qu’il sera possible de faire (un monde de solutions hypertechnologiques paraît peu probable si l’énergie est rationnée ou en tout cas est très chère).

- il est important de mettre en avant la notion de résilience, spécifique du concept de transition et déterminante pour la résistance de nos sociétés face aux crises imminentes (mais aussi pour la crise économique si elle s’aggrave).

- il faut arrêter pour l’instant les réunions publiques qui dévorent beaucoup de forces pour peu de résultats. Au lieu de cela, préférer les Nouvelles du Pays, peut-être RMA, notre radio locale.

- reprendre la mise en réseau avec les autres groupes/projets écolos du Trièves pour leur faire connaître le concept de transition et nous enrichir de leur expérience (éventuellement pour communiquer en commun).

- cibler des contacts avec des personnes ou groupes influents dans divers secteurs socioprofessionnels, déjà ouverts aux questions environnementales et ayant une certaine influence sur leurs collègues ou cohabitants.

- nous appuyer sur ce que font déjà les groupes/projets écolos ; si Trièves Après-Pétrole doit avoir une action spécifique, que ce soit plutôt dans le domaine économique (monnaie locale, circuits courts, etc.) pour ouvrir une autre dimension d’action et être audible par les acteurs économiques.

Ainsi, nous favoriserons une diffusion « en tache d’huile » du concept de transition par des contacts ciblés et des synergies.


Première réunion publique

Le dimanche 5 avril, une vingtaine de personnes ont eu le courage de fuir le beau soleil et de s’enfermer dans une salle obscure pour assister à la première réunion d’information sur le pic pétrolier, avec la projection d’extraits du film « Cruel sera le réveil ».

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Le public pendant la projection. 

Puis un débat au tour des questions et contributions des participants a eu lieu. Malheureusement, le temps n’a pas permis d’aborder ce qui visiblement tenait le plus à cœur les participants : que faire pour le Trièves ? Ils ont pu le faire brièvement en écrivcant leurs remarques sur des post-it collés ensuite au mur. La somme des remarques sera prochainement envoyée à tous.

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Le débat ouvert, riche en contributions. 

Sans surprise, pour cette première, qui se déroulait dans le cadre de la semaine du développement durable, le public était essentiellement composé de personnes très sensibilisées à l’écologie et aux questions d’énergie. Le contenu de la présentation étant destiné à un public plus large et moins familier de ces questions, cela explique l’inadéquation entre le contenu et l’attente des participants. de cette première expérience, nous concluons à la nécessité de mieux adapter les présentations au public que l’on peut attendre, même si cela reste aléatoire.

Parmi les points positifs, il fut citer l’énergie, l’envie d’avancer et l’intérêt pour l’initiative manifestés par les participants (déjà convaincus, il est vrai). La méthode participative choisie pour gérer la réunion a quelque peu surpris au début, mais a bien été accueillie.

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Le mur aux post-it, un moyen pour tous de s’exprimer et de conserver une trace de la réunion. 

Nous venons maintenant tirer les leçons – forcément partielles – de cette première, avant d eproposer de nouveaux rendez-vous au public.

Un programme de réunions publics, les unes d’information sur le pic, les autres pour présenter le concept de transition, sera bientôt élaboré et porté à la connaissance des habitants.

Le groupe de pilotage de Trièves Après-Pétrole


Les spécificités du concept de transition

 

Dans le cadre de la préparation de notre première réunion publique, le
5 avril prochain, nous nous sommes demandés, au sein de notre groupe
de pilotage, ce qui fait la spécificité des initiatives de transition
par rapport à d’autres démarches comme la décroissance, la simplicité
volontaire, les Agendas21 et autres démarches de développement
durable. Une question à laquelle nous devrions être confrontés souvent
à l’avenir.

Après avoir passé en revue les différents éléments qui constituent
une initiative de transition (philosophie, pédagogie, démarche), nous
avons dégagé des éléments distinguent très clairement le concept de
transition et ne se retrouvent nulle part ailleurs :
. Il s’agit de réagir à l’urgence d’une menace touchant tout le monde, l’écolo ou le décroissant comme le dingue de conso et de 4×4, par la prise de conscience que les problèmes énergétiques sont pour les années qui viennent et non dans 30 ou 50 ans. Ce n’est pas une transition technologique douce, étalée sur 50 ans, qui nous attend, mais un choc brutal.

. La notion de résilience est au cœur de la démarche, alors qu’elle
est habituellement absente des autres démarches (au moins au niveau
conscient, même si certaines autres démarches – comme la décroissance – conduisent de facto à améliorer la résilience locale). Elle est liée à la nécessité de résister à un choc brutal, potentiellement désorganisateur pour nos sociétés.

. Sa dimension fédératrice s’adressant à toutes les couches et tous les acteurs de la société, tous les secteurs d’activité, dans un esprit de synergie. Il s’agit de susciter une vision commune, non de prendre la place des autres ni de refaire ce qu’ils font.

. Sa dimension psychologique : la prise en compte des éléments de psychologie qui nous font accepter ou rejeter la perspective du changement, qui nous font passer à l’action ou nous en empêchent. Les initiatives sont aussi un lieu où on s’encourage mutuellement pour avancer.

. L’idée de requalification ; si la relocalisation est bien comprise des mouvements de décroissance ou de développement durable, la requalification dérive du fait que c’est toute l’organisation de la société et de l’économie, et in fine de nos métiers, qui sera affectée.


Mens en 2020 : et l’énergie ?

Lundi 9 mars, première intervention publique de Trièves Après-Pétrole dans le cadre de la commission extramunicipale « Aménagement durable du territoire ».

En présence de Madame le Maire, de ses quatre adjoints et deux autres conseillers, ainsi que des quelques citoyens présents, la réunion avait pour but de commencer à préparer une exposition « Mens en 2020″, destinée à lancer la concertation publique préalable à la révision du Plan d’Occupation des Sols en Plan Local d’Urbanisme.

C’a été pour nous l’occasion d’évoquer brièvement la situation énergétique et les bouleversements qui nous attendent d’ici 2020. Il n’a pas été possible de développer le pic pétrolier (et ce n’était pas notre intention), uniquement d’introduire l’idée que les données sur lesquelles la commission va fonder son travail ne peuvent pas être les données du présent.

Le bref exposé a recueilli un écoute attentive de la part de conseillers déjà conscients que des changements se préparent. Une présentation plus complète du sujet sera proposée au Conseil municipal au cours du printemps.


Le Trièves en 2025

 

Imaginons…

Rappelez-vous : après la période de désorganisation et d’incrédulité qui a suivi la crise de 2009 et le choc pétrolier de 2013, nous avons pris notre destin en main. nous avons appris à nous serrer les coudes. À partager. La politique volontariste de la Communauté de Communes du Trièves, les initiatives d’entrepreneurs audacieux, la volonté des habitants et l’activité des associations ont permis de réussir la transition vers une économie moins gourmande en énergie, plus relocalisée, et vers une vie plus riche. Grâce au Régio, notre monnaie régionale qui circule en complément de l’euro, les compétences et les ressources locales ont pu être mobilisées efficacement et la situation redressée. Nous pouvons nous féliciter d’avoir su anticiper le choc pétrolier et ses conséquences pour mieux rebondir, comme en s’en convaincra à la lecture du bref bilan qui suit :

L’agriculture est revivifiée : de nouvelles exploitations, plus petites et plus nombreuses, employant une main d’œuvre nombreuse, fournissent le plus gros de notre alimentation, ainsi que du chanvre textile et pour la construction. La SAU (surface agricole utile) a augmenté, mettant fin au processus d’enfrichement des terres agricoles. La viande du Trièves est très appréciée des restaurateurs de Sisteron à Lyon, à la grande satisfaction de nos éleveurs. Enfin, les très nombreux jardins individuels et collectifs contribuent de manière non négligeable à notre alimentation.

La forêt a retrouvé son dynamisme économique : c’est aujourd’hui notre principale source d’énergie de chauffage et de bois de construction, surtout depuis que les chaufferies bois se sont multipliée dans nos communes. Les scieries de Tréminis, Saint-Baudille, Chichilianne et Gresse tournent à plein régime, tandis que le nombre d’entreprises de bûcheronnage a augmenté de 150 % dans les 5 dernières années.

Les lignes de car et la ligne SNCF n’ont jamais autant transporté de voyageurs, et nos élus ont eu le plaisir d’inaugurer ces dernières années les gares restaurées de Saint-Maurice et de Saint-Martin-de-la-Cluse. Les lignes de car Tréminis-Saint-Maurice, Corps-Mens-Clelles et Gresse-Monestier affichent complet.

Chaque commune ou presque peut s’enorgueillir d’avoir retrouvé une épicerie, une école, et une annexe postale. Les panneaux solaires sont devenus si courants qu’ils n’étonnent plus personne, le compostage généralisé permet de réutiliser une ressource précieuse, et le Centre de formation aux constructions nouvelles de Monestier-de-Clermont est cité en exemple dans toute la région. Mais surtout, ce sont nos relations sociales et humaines qui ont le plus bénéficié de ces changements. Plus de temps pour les autres, plus d’activités et de travaux en commun, de mutualisation de moyens techniques et de temps passé ensemble : notre Trièves bourdonne d’une joie de vivre retrouvée.

Retour au présent

Cette histoire vous a plu ? C’est peut-être la nôtre, celle des quinze prochaines années. La crise économique actuelle est, dit-on, la plus grave depuis 1929 et elle retient à juste titre notre attention. Elle a entre autres fait chuter le prix du pétrole de manière spectaculaire, à la grande joie de nos porte-monnaie. Mais cela n’a pas fait augmenter les réserves mondiales d’une seule goutte et le problème énergétique qui nous préoccupait à l’été 2008 est toujours là. Aussi nous nous posons quelques questions que nous voudrions partager avec vous :

- On dit qu’il reste pour 40 ans de pétrole ? Avez-vous une idée de ce que cela signifie ? Le pétrole va-t-il soudain manquer le 1er jour de la 41ème année ?
- Et si les Chinois et les Indiens (4 humains sur 10) continuent de consommer toujours plus de pétrole, pour combien de temps en reste-t-il réellement ?
- À votre avis, qu’est-ce qui autour de vous a besoin de pétrole pour fonctionner ? Quelles activités économiques en dépendent ?
- Pouvez-vous dire ce qui est fabriqué avec du pétrole autour de vous ?
- Savez-vous combien de litres de pétrole sont nécessaires pour produire 1 kilo de bœuf, 1 quintal de blé, un ordinateur, une voiture, un jean ?
- Savez-vous quelle part de notre alimentation vient de l’extérieur par camion ?
- S’il n’y avait plus de pétrole, qu’est-ce que vous pourriez encore faire ? Qu’est-ce que vous ne pourriez plus faire ?
- Quels sont à votre avis les atouts du Trièves dans une économie avec moins de pétrole ?
- S’il y avait assez de pétrole, de gaz naturel et de charbon pour des siècles, faudrait-il tout utiliser ?

Vous aussi vous vous posez toutes ces questions ? Contactez-nous à l’aide du formulaire en bas de page.

Question mystère : En quelle année a-t-on découvert le plus de pétrole dans le monde ? 1950 – 1965 – 1987 – 2002 ? N’hésitez pas à parcourir le blog pour découvrir la réponse.

 

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« En panne sèche », roman réaliste sur le déclin pétrolier

Vous aimez la fiction et le suspense ? Vous aimeriez imaginer notre futur après le pic de pétrole ?

Lisez absolument « En panne sèche » d’Andreas Eschbach, aux éditions L’Atalante (735 pages).

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Résumé
Markus est un jeune allemand ambitieux qui part faire fortune aux États-Unis. Là, il rencontre un Autrichien qui possède le secret pour produire du pétrole à volonté, sur la base de la théorie de l’origine abiotique du pétrole(*). La découverte excite les convoitises et les services secrets, jusqu’à ce que l’ami autrichien disparaisse mystérieusement au cours d’une mission en Arabie Saoudite.

Tandis que Markus est recherché par la police américaine, un attentat contre le principal terminal pétrolier saoudien (4 % des approvisionnements mondiaux) précipite le monde dans une crise pétrolière. En réalité, cet attentat masque une réalité plus grave : le déclin rapide du plus grand gisement de pétrole du monde… L’après-pétrole commence, que l’on vit aux États-Unis via les aventures de Markus et en Allemagne à travers la vie quotidienne de sa famille.

Un roman passionnant, très réaliste et très bien documenté. L’auteur utilise habilement les péripéties pour nous exposer sans ennui le problème du pic, la dépendance de nos sociétés au pétrole, l’absence d’alternative aux carburants fossiles, les risques géopolitiques, mais aussi les divers scénarios de transition : une communauté survivaliste aux États-Unis, une transition écologique en Europe, la disparition de l’industrie automobile, de la haute technologie et d’internet pour cause de crise économique et d’approvisionnement énergétique insuffisant.

Un scénario parmi d’autres possibles, mais tout à fait crédible. Une excellente lecture.

 


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