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Transition : les principes de base

 

Le concept des villes et territoires en transition a de nombreux points comment avec les mouvements écologistes et décroissantistes. Leur conscience d’une décroissance inéluctable et leurs réalisations pratiques ne sont guères différentes. De même, la relocalisation de l’économie pour cause de carburants trop chers commence à être prise au sérieux par les économistes dominants.

Qu’est-ce donc qui rend la transition si singulière par rapport aux actions écologistes et décroissantistes qui existent déjà ? Qu’est-ce qui la rend nécessaire ?

Conscience de la fin imminente d’une époque

La conscience que notre logique développement touche à sa fin se répand. Mais, même dans le mouvement écologiste, la conscience de l’imminence de la fin du pétrole bon marché et ses implications à brève échéance est encore limitée. Les implications de la crise de la dette, moteur de l’économie actuelle, sont encore plus mal connues. Crise des matières premières + crise climatique + crise de la dette = fin du monde que nous connaissons. En fait, ce mouvement est déjà amorcé.

Cette imminence et l’échelle des volumes d’énergie fossile à remplacer rendent insuffisantes, voire caduques bon nombre de solutions technologiques alternatives. C’est un changement profond de mode de vie et de fonctionnement économique qui nous attend, avec à la clé de grandes souffrances sociales si l’on ne fait rien pour s’y préparer.

Nos logiques, nos manières de voir, nos attentes et nos projets, et pas seulement la technologie, vont devoir être réévaluées très rapidement et en profondeur.

Un regard différent sur la décroissance et le développement écologique

Penser la décroissance dans la perspective d’un bouleversement rapide et profond aboutit à un tableau moins serein qu’une décroissance voulue. Dans ce contexte, le redéploiement des technologies et les réorientations des infrastructures risque de ne pas être suffisant par manque de temps, de matières première (métaux rares notamment) et de capitaux (crise du crédit, possible effondrement du système financier).

Nos sociétés encourent donc un risque de contraction très forte et de récession permanente. Une transition paisible étalée sur plusieurs décennies paraît de moins en moins probable à mesure que le temps passe et que les données contraires (pétrolières et financières) s’accumulent. D’où la conclusion que le niveau d’action local est celui qui va prendre de l’importance, celui où il est pertinent pour les citoyens d’agir.

La résilience, facteur de stabilité

Dans la perspective d’une contraction rapide de l’économie par manque d’énergie bon marché et de crédit, une relocalisation assez prononcée apparaît inévitable, mais elle ne suffit pas à écarter le risque de chocs sociaux graves, pas plus que les technologies alternatives. La résilience est nécessaire. De quoi s’agit-il ?

La résilience est une question-clé au cœur de la réflexion des villes en transition. Elle représente la capacité d’une société à encaisser les chocs, à limiter les dégâts et à s’en remettre.

La résilience, c’est une multiplicité d’activités sur un territoire, une multiplicité d’acteurs (privés et publics) de taille petite ou moyenne, et une multiplicité de liens entre eux, qu’il s’agisse de liens économiques ou sociaux. Ainsi, si un secteur s’effondre, si un acteur disparaît, l’existence du tout n’est pas menacé, la stabilité du tissu social est mieux préservée. Nos sociétés dépendantes des transports à longue distance ne sont pas résilientes, ce qui est un risque pour l’avenir.

Exploiter les ressources locales, trouver fournisseurs et clients plus près seront des éléments déterminants de la résilience. Petites et moyennes entreprise et exploitations, petits commerces, solidarités de voisinage en sont des ingrédients incontournables. Les savoir-faire locaux, les solidarités de famille, de quartier ou de village seront primordiaux pour affronter la crise économique, énergétique et sociale. Nous connaîtrons vraisemblablement une révolution dans nos activités et nos métiers.

Bien sûr, les échanges à distance se poursuivront, mais le niveau local deviendra prioritaire dans nos activités économiques, sociales et créatives. La richesse des liens avec les territoires voisins et avec le monde importe aussi, la résilience n’est pas l’autarcie.

Sûreté alimentaire

C’est au pétrole que l’on doit l’essor fabuleux de l’agriculture et de la démographie au XXe siècle. Dans un monde où le pétrole sera plus cher, puis plus rare, la question de comment nourrir toutes les bouches se posera avec acuité, y compris dans nos pays développés.

Même si on imagine que la production agricole restera prioritaire pour l’attribution du carburant, assurer l’approvisionnement alimentaire est la clé de la résilience et de la transition. Cela signifie une production  et surtout des stocks plus proches des consommateurs. Des jardins et la diffusion des savoir-faire seront certainement cruciaux au moins pour la partie la plus démunie de la population, mais aussi pour augmenter une production appelée à baisser.

L’alimentation est la deuxième question-clé au cœur du concept de transition.

Monnaie

Dans ce changement, les facteurs économiques et monétaires seront aussi cruciaux que les facteurs écologiques et économiques. La situation du système financier reste plus que instable que jamais et les tensions sur le pétrole risque de le rendre plus fragile encore. Un krach brutal nous ferait courir encore plus de risques de ne plus pouvoir manger que le manque de pétrole. La disparition brutale du crédit fait courir à notre société les même risques de pénurie qu’un embargo total de pétrole.

Il est urgent d’intégrer les facteurs économiques et financiers à notre pensée si nous voulons réussir la transition. Les monnaies locales, circulant parallèlement à la monnaie officielle, sont un outil qui existe déjà dans plusieurs pays. Leur rôle est de diminuer la dépendance aux système financier mondiale d’amortir les secousses liées à l’instabilité de ce dernier. Elles permettent de conserver et d’investir sur place une partie de la richesse créée, car elle la met à l’abri de la spéculation. C’est un puissant levier pour la résilience.

La monnaie est la troisième question-clé au cœur du concept de transition.
Un état d’esprit positif, ouvert sur l’avenir

Sans se cacher les difficultés qui nous attendent dans la période qui s’ouvre, les villes en transition se veulent optimistes et voient dans cette situation une opportunité de rompre avec une logique qui gaspille les ressources, détruit la planète et crée de profondes injustices sociales. C’est l’opportunité pour les communautés humaines de reprendre leur destin en main.

➢    Le sens de la communauté

Le consommateur moderne a cessé d’être un citoyen, le sens de la communauté et de l’intérêt général est en recul, victime de l’anonymat des villes et de notre hyperconsommation. Or, on ne réussira pas la transition sans un sens accru du collectif et de l’autre. Réapprendre à partager (moyens, outils, ressources, savoir-faire, épargne), à faire ensemble, à imaginer ensemble, à veiller les uns sur les autres sont des nécessités pour réveiller le citoyen qui s’est endormi en nous.

➢    Vaincre les obstacles psychiques et matériels

Changer, surtout avant d’y être contraint par la réalité, n’est pas facile. Habitudes, modes de pensée, croyances et peurs sont autant d’obstacles pour y parvenir. À quoi s’ajoutent le manque de moyens, de compétences, de ressources, de méthode. Comprendre ce qui nous empêche d’avancer est indispensable pour espérer réussir.

➢    Inspiration et vison positive

Sans envie de l’avenir, sans vision positive partagée qui alimente cette envie et repousse les peurs, aucun progrès humain n’a été et n’est possible. Croire dans le futur en dépit des obstacles est indispensable pour avoir envie de le construire. Il s’agit d’inspirer les gens plutôt que leur faire peur et les culpabiliser, il s’agit de libérer leur créativité, de les aider à prendre conscience de leurs compétences et de leur capacité à agir.

Les groupes animant des villes ou territoires en transition proposent généralement un groupe « Cœur et Âme » destiné à réunir les gens pour recréer le sens de la communauté, s’aider mutuellement à vaincre les obstacles paralysants, à inspirer les participants dans l’espoir de faire surgir une vision positive partagée.

Ces groupes sont véritablement le « cœur palpitant » de la transition.

Une dynamique inclusive et convergente

La transition n’est pas une organisation, ni une association, mais une dynamique à laquelle tous, citoyens et autres acteurs du territoire (privés et publics) sont invités à participer. La transition nous touchera tous, que nous le voulions ou non, dans nos vies personnelles et dans notre travail comme dans la vie des entreprises, des exploitations et des collectivités. Tout le monde est bienvenu et compétent dans un groupe de transition, chacun y est aussi légitime que l’autre.

L’idée fondamentale est qu’il existe déjà autour de nous des initiatives personnelles, associatives, privées ou publiques qui vont dans le sens de cette transition. Moins que créer des projets ou une organisation nouvelle, il s’agit de prendre conscience de cette richesse, de faire converger les initiatives existantes et d’en susciter de nouvelles sur tout le territoire, à l’intérieur comme à l’extérieur du groupe animant la transition.


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